Vaccins: l’incubateur HERA doit donner l’exemple en matière de transparence

La Commission européenne vient d’annoncer la mise en place d’un « incubateur » de sa future Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA). Présenté comme un partenariat public-privé avec les chercheurs et les entreprises de biotechnologie, il prévoit notamment 75 millions d’euros de financements publics pour développer le séquençage des tests et 150 millions d’euros pour renforcer la recherche et l’échange de données sur les variants. Le lancement du réseau européen d’essais cliniques VACCELERATE Covid-19 est aussi annoncé.

Pour Michèle Rivasi, députée européenne, membre des Verts/ALE au sein de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire :

« Je salue la démarche de répondre à l’urgence de faire face à l’impact des variants du virus. J’aimerais toutefois que la Commission précise les contours de ce partenariat public-privé : quels seront les engagements et les responsabilités des parties ? Les laboratoires pharma recevront-ils cet argent public sans contrepartie ? Que va réellement apporter l’industrie dans cette démarche ? Qu’a prévu la Commission en termes de gouvernance, de transparence et de propriété des données ?

La question de la propriété des données issues des tests et séquençages génomiques est cruciale. En Israël par exemple, les données de suivi de la vaccination appartiennent à Pfizer qui peut décider de communiquer celles qui lui conviennent. Les données collectées par ce nouveau projet seront-elles dans le domaine public ou sous la responsabilité des universités et des autorités sanitaires ? Quel sera leur usage, et pour combien de temps ? Les mêmes questions se posent pour le nouveau réseau des essais cliniques VACCELERATE et les échanges de données sur les variants.

Il faut mettre en lumière tous les détails de ce partenariat public-privé. Nous ne voulons pas voir HERA Incubator devenir un nouvel IMI (Initiative pour les Médicaments Innovants), créé en 2008 et doté de plusieurs milliards d’euros, qui a vu sa gouvernance passer sous le contrôle de l’industrie pharma.

Accélérer la production et l’approbation règlementaire des vaccins sont des options possibles pour lutter contre les variants du Covid-19. Mais pas au prix d’un affaiblissement des normes européennes de sécurité et d’innocuité des médicaments. Identifier les sites de production potentiels et les mettre à contribution pour augmenter la production de vaccins autorisés est une bonne chose. Mais conclure de nouveaux contrats ne suffit pas, il faut une totale transparence sur ce qu’ils contiennent : les investissements publics, la chaîne d’approvisionnement, les sites de fabrication, les plans de livraison des produits et la responsabilité légale et financière en cas de grave effets indésirables des vaccins ! »

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Par Michèle Rivasi

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