A A

Aluminium dans les vaccins: 3 malades portent plainte (JDLE)

12 Juil 2013

Medias, Revue de presse

Journal de l’environnement
Par Marine Jobert, 11 juillet 2013

Ils sont trois, pour qui l’acte devenu banal de la vaccination a profondément modifié la vie, à porter plainte contre X pour blessures involontaires. Car depuis les injections qu’ils ont reçues de vaccin Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite (le DTPolio) –un vaccin obligatoire- ils souffrent, à des degrés divers, d’épuisement chronique, de douleurs musculaires et articulaires intenses et de troubles cognitifs, qu’ils attribuent à la présence de sels d’aluminium dans la solution. Leur maladie porte un nom -myofasciite à macrophages- et le nombre de personnes touchées oscillerait entre 500 selon l’agence française du médicament et «plusieurs centaines de milliers» de cas selon l’association d’Entraide aux Malades de Myofasciite à Macrophages (E3M)[1].

Objectifs de leur plainte: faire la lumière sur les raisons qui ont amené les autorités sanitaires à autoriser un vaccin contenant un adjuvant dont le effets secondaires graves étaient documentés depuis plusieurs années et à ne pas tenir compte des alertes lancées par des personnes vaccinées.

Autour des 3 plaignants et de la dizaine de malades qui ont entamé une grève de la faim devant le ministère de la santé (depuis près d’un mois pour l’un d’entre eux), c’est l’union sacrée des courants politiques. Michèle Rivasi, eurodéputée écologiste, Corinne Lepage, eurodéputée libérale, Laurence Cohen, sénatrice PCF et Jean Lassalle, député Modem ont uni leurs forces pour exiger, eux aussi, le retour des vaccins sans aluminium. « Il ne s’agit pas d’un combat contre la vaccination, mais pour éclairer l’opinion publique sur des risques sanitaires », ont-ils répété en chœur. Petit retour en arrière…

Jusqu’à 2008, l’entreprise Sanofi Pasteur MSD commercialise un vaccin DTPolio sans aluminium. Un million de doses sont vendues chaque année. Retiré temporairement du marché après quelques signalements de manifestations allergiques, il ne sera jamais plus disponible en pharmacie. « Les documents en notre possession démontrent que cette hausse se limite à 1 à 3 cas, ce qui n’a pas de signification statistique. De plus, l’Agence du médicament impute cette hausse éventuelle à un seul lot de vaccins. Mais [elle] se soumet (…) et accepte que ce vaccin, indispensable pour toute une partie de la population, disparaisse », détaille E3M.

L’association met en cause le faible nombre (officiel) de maladies et les «liens étroits» entre l’agence du médicament et l’industrie pharmaceutique. Elle renvoie notamment aux conclusions du rapport de l’IGAS sur le Médiator, en janvier 2011, qui constatait notamment que « la chaîne du médicament fonctionne aujourd’hui de manière à ce que le doute bénéficie non aux patients et à la santé publique mais aux firmes ».

Les premiers doutes sur les effets toxiques de l’aluminium remontent à 1978 et se confirmeront année après année. En cause: la migration de l’aluminium vers le cerveau, qui engendre des lésions des tissus spécifiques. Le diagnostic peut être confirmé par une biopsie du muscle concerné par l’injection du vaccin (généralement le deltoïde en France). « La preuve absolue du lien entre vaccination avec aluminium et myofasciite à macrophages n’est pas encore apportée », reconnaît Didier Lambert, le président d’E3M. « Mais on est très proches du lien », assure-t-il, inquiet de constater que le ministère de la santé tarde à débloquer sa part de financements pour l’unité de l’Inserm qui mène actuellement des recherches fondamentales qui mettrait en évidence la migration de l’aluminium vers le cerveau. « Si les financements se concentraient uniquement sur la recherche clinique, ce serait un casus belli », prévient-il. Pendant que les travaux se poursuivent, les malades réclament depuis des années que les Français aient le choix, à nouveau, entre un vaccin avec ou sans sel d’aluminium. « C’est un combat qui concerne les jeunes générations, et ce partout dans le monde », explique Didier Lambert.

La mobilisation des élus, soudés autour de ces «lanceurs d’alerte», est aussi née de la stupéfaction suscitée par les déclarations du ministère de la santé. Pendant la campagne présidentielle, Marisol Touraine ne déclarait-elle pas que «[les familles] doivent avoir le choix de faire procéder aux vaccinations obligatoires par des vaccins sans sel d’aluminium, d’autant plus que cela était le cas jusqu’en 2008»? Ministre de la santé, elle ne mettra rien en œuvre pour que les vaccins sans aluminium, fabriqués par Sanofi Pasteur, soient commercialisés, dénoncent E3M et les élus. « On ne demande pas un nouveau produit, mais la remise en vente d’un médicament qui existe déjà! », rappelle Laurence Cohen. « L’autorisation de mise sur le marché est toujours valide, une simple décision administrative suffirait », tempête Michèle Rivasi, qui n’accepte pas l’explication selon laquelle « on ne pourrait pas obliger les labos à produire ». « C’est la négation du principe de précaution », dénonce Didier Lambert, qui interroge: «qui décide de la politique sanitaire en France?»

Michèle Rivasi rappelle que la pilule RU-486, longtemps réservée aux hôpitaux, fut rendue accessible par l’état aux gynécologues et généralistes en 2004. «Hollande, aie du courage!» enjoint l’eurodéputée, agitant la piste de la menace des baisses de remboursement des médicaments génériques pour faire plier l’industrie pharmaceutique.

[1] E3M se fonde sur les 2% de la population occidentale qui sont atteints du syndrome de fatigue chronique L’Organisation mondiale de la santé (OMS) le considère comme une maladie neurologique grave depuis 1969. Il est aussi désigné sous le terme d’encéphalomyélite myalgique.

Red on Line

Articles similaires :

Tags: , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives