A A

Blocage de raffineries : il n’y a pas de pénurie d’essence, juste un manque d’idées au gouvernement

24 Mai 2016

Communiqués, Medias

Cinq des huit raffineries françaises étaient « à l’arrêt ou en cours d’arrêt » lundi, en raison des actions de protestation contre le projet de loi travail. Une information qui a semble-t-il suffi aux média pour évoquer une pénurie de carburants et provoquer un vent de panique parmi les automobilistes. Mais qu’en est-il vraiment ?

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée écologiste : « La pénurie d’essence actuelle n’en est pas une, il s’agit d’une prophétie auto-réalisatrice alimentée par la peur du manque, couplée à un emballement médiatique insensé. Si des stations-services se retrouvent sans carburants aujourd’hui, c’est uniquement parce qu’il y a eu un mouvement de panique, et il n’y a aucune raison de paniquer. L’adage français ‘on n’a pas de pétrole mais on a des idées’ est ainsi revisité : ‘en France on a des réserves de pétrole mais on n’a plus d’idées…à part celles du Medef’.

Une directive européenne de 2006 (1) impose en effet aux États membres un niveau minimal de stocks de produits pétroliers équivalant au moins à 90 jours de la consommation intérieure journalière moyenne. Et la France n’avait pas attendu l’Europe pour se doter de telles réserves. Le blocage des raffineries par les salariés n’est donc ni une menace directe pour notre économie, ni une menace pour le quotidien des automobilistes. Même s’il se veut rassurant sur la dite pénurie, le gouvernement a tout intérêt à ce qu’elle inquiète les Français, puisque l’opinion publique cessera de soutenir les bloqueurs dès qu’ils se sentiront menacés dans leur zone de confort.

Cet épisode doit néanmoins prêter à débat, c’est une opportunité pour réfléchir notre rapport au pétrole et au tout-voiture, qui n’ont pas seulement un impact sur le quotidien des Français à court terme mais aussi des conséquences géopolitiques ou climatiques à long terme. C’est l’occasion de remettre à plat notre politique de transports, de favoriser la mobilité douce et les transports en commun, de renforcer les plans de déplacement en entreprises, d’inciter les gens à faire du vélo et ce d’autant plus que c’est bon pour la santé ».

Et Michèle RIVASI de conclure : « En matière de prophétie auto-réalisatrice, on attend toujours que le ‘ça va mieux’ de Hollande se concrétise. J’espère qu’il est conscient qu’en poursuivant son entêtement il n’aura pas de deuxième quinquennat pour devenir prophète en son propre pays. Les tensions qui traversent le pays sont trop vives pour que le gouvernement passe en force sur la loi travail, il n’est pas trop tard pour arrêter la casse du Code du Travail ».

(1) http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=URISERV%3Al27071

Articles similaires :

Tags: , , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives