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Radioprotection : un premier pas des eurodéputés pour reprendre le pouvoir sur les lobbies du nucléaire

Les membres de la Commission environnement, santé et protection des consommateurs (ENVI) du Parlement européen ont voté aujourd’hui 4 juillet en faveur d’un rapport sur les « normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants », ce qui inclut notamment la protection de la population en cas d’accident nucléaire.

Michèle Rivasi, députée européenne Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE et co-fondatrice de la CRIIRAD, revient sur un vote crucial pour les écologistes : « La Commission ENVI s’est prononcée aujourd’hui en faveur d’un changement de base juridique pour la radioprotection, c’est-à-dire sa sortie du traité Euratom en vigueur depuis 1960. Cet enjeu est primordial pour la démocratie et la santé publique, car cela permettrait aux parlementaires européens d’avoir la codécision sur ce sujet. Ne laissons pas tout pouvoir aux lobbies du nucléaire, pour qui la radioprotection passe après le développement de leur industrie! En tant que co-rapporteure du texte, je considère ce vote comme une première victoire pour les écologistes, reste à transformer l’essai lors du vote en plénière à la rentrée prochaine. »

L’eurodéputé déplore cependant que des niveaux d’exposition bien trop élevés soient aujourd’hui considérés comme acceptables : « En clair, cela signifie que l’Union européenne se prépare à l’éventualité d’un accident nucléaire et anticipe les risques que devra supporter la population. Plus la réglementation fixe des références de doses élevées , moins les victimes pourront demander de dédommagement en cas d’accident.

« La directive proposée par la Commission et le rapport de mon collègue du groupe PPE Thomas Ulmer fixent des doses de rayonnements ionisants acceptables qui risquent de nous enfermer dans l’ère de l’acceptation de l’accident. Au-delà de l’insécurité dans laquelle nous nous trouvons face au risque nucléaire, ce sera donc aux citoyens européens de payer la note! Les fonds prévus par les conventions de Paris et de Vienne ne suffisent pas à couvrir les frais d’une catastrophe, et les personnes touchées n’auront d’autre choix que de vivre en terrain contaminé, ne pouvant être relocalisées. La situation s’avèrera particulièrement injuste pour les citoyens des Etats qui, contrairement à leurs voisins, n’ont pas fait le choix de l’énergie nucléaire. A-t-on besoin de rappeler que les rayonnements ne connaissent pas les frontières ?

Pour conclure, j’invite les citoyens à exiger un réel débat démocratique sur la question du nucléaire, tant du point de vue de la politique énergétique qu’au vu des enjeux énormes pour la santé publique. Les accidents de Tchernobyl et de Fukushima ont détruit des vies et eu des conséquences irréversibles durables en contaminant de vastes zones, les rendant impropres pour l’occupation humaine et pour l’agriculture. Ces accidents ont occasionné des dépenses qui auraient été inutiles si un autre choix énergétique avait été fait. Un accident représente un coût incommensurable que l’industrie n’est pas prête à payer ! »

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