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RAPPORT du GIEC : il y a urgence et des solutions

08 Oct 2018

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RAPPORT DU GIEC 2018
« Il y a urgence, des solutions sont là ! »

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui publie son rapport ce lundi 8 octobre, l’objectif delimiter la hausse des températures à 1,5 °C fixé à Paris peut être atteint à condition que les gouvernements agissent dès à présent. Le rapport sera discuté par les ministres européens de l’environnement mardi 9 octobre.

La 24ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP24) se déroulera du 3 au 14 décembre 2018 à Katowice, en Pologne.

Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

« Le rapport du GIEC montre que le monde n’agit pas assez vite. À moins que les émissions ne diminuent rapidement, les températures pourraient augmenter de 1,5 ° C d’ici 2040, de 2 ° C d’ici 2065 et de 4 ° C d’ici 2100. Le changement climatique, on le vit à l’heure actuelle: on l’observe à l’ampleurdes canicules, des précipitations diluviennes, des feux de forêts, des invasions ou extinctions d’espèces, de la fonte du permafrost, etc.

Le changement climatique est souvent communiqué en regardant la température moyenne mondiale, mais il ne concerne pas seulement de petites îles ou des pays lointains. Les résultats pour l’Europe du Nord sont également alarmants. Par exemple, en Rhône Alpes, la température a déjà augmenté en moyenne de 1,6 °C et la température est montée rapidement depuis 1980[1].

1, 5 ou 2 degrés, cela peut sembler anodin. Mais il suffit d’observer le fonctionnement de notre corps. 39°C correspond souvent à une maladie gérable alors que 41°C peut détruire très rapidement les organes vitaux.Ce nouveau rapport du GIEC nous montre que lesrisques se trouvent nettement réduits à +1,5°C.En limitant le réchauffement à 1,5 °C par rapport à 2 ° C, nous éviterions 153 millions de décès prématurés dus à la pollution atmosphérique dans le monde d’ici 2100, nous éviterions 25 millions de personnes sous-alimentées, nous pourrions doubler le nombre d’emplois dans le secteur de l’énergie.

La bonne nouvelle, c’est que les climatologues affirment qu’en agissant maintenant, il est encore possible de changer le cours des choses et de limiter la hausse des températures à 1,5 °C. Nous avons besoin d’une transition très rapide vers un modèle énergétique 100% renouvelable, une sortie définitive des énergies fossiles et des politiques ambitieuses de réduction d’émissions, tout en augmentant la surface de nos forêts, zones humides et prairies pour capter le carbone déjà dans notre atmosphère. Toute inaction rendra les impacts du changement climatique de plus en plus coûteux et difficiles à contrôler, tout en rendant les solutions à déployer elles-aussi plus coûteuses.

En tant que députée écologiste européenne, je veillerai à ce que les objectifs européens climatiques et la feuille de route pour une énergie à faible émission de CO2 pour 2050 de la Commission européenne[2]soient ambitieux. Ce rapport du GIEC est l’opportunité d’obliger les dirigeants à regarder la vérité en face lors de la COP24. Il montre la rapidité avec laquelle il faudra se débarrasser des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), ce qui pour beaucoup de pays, fait partie des vérités qui dérangent. »

[1]Je vous invite à regarder la carte scientifique développée par Carbon Brief « Comment votre région se réchauffera-t-elle à l’avenir? » : https://www.carbonbrief.org/mapped-how-every-part-of-the-world-has-warmed-and-could-continue-to-warm

[2]La feuille de route existante pour une économie à faible émission de carbone pour 2050 a été publiée en 2011, avant que l’UE signe l’Accord de Paris, qui engage ses signataires à maintenir le réchauffement climatique « bien en dessous des 2°C » et à pas plus de 1,5°C. La Commission européenne devrait présenter une version mise à jour en novembre, juste avant la conférence annuelle de l’ONU sur le climat, qui aura lieu à Katowice en Pologne.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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