Peuples autochtones et COVID19: une aide d’urgence pour protéger les gardiens de l’Amazonie

En automne 2020, nous étions alertés par des représentants de peuples autochtones au Brésil sur un risque d’extinction dû à une double crise : une crise environnementale et une crise sanitaire. Outre les incendies qui ravagent les forêts, le COVID-19 est arrivé de manière écrasante dans les territoires des peuples autochtones. En septembre 2020, le taux de mortalité lié au COVID-19 chez les autochtones du Brésil était 250 % supérieur à celui de la population générale. Suite à son appel et de nombreux contacts avec le cabinet du commissaire européen Lenarčič en charge de l’aide humanitaire, Michèle Rivasi se réjouit de voir qu’un financement humanitaire vient d’être alloué.

Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée responsable des peuples autochtones et communautés locales au sein de la commission parlementaire DEVE :

« La crise sanitaire du COVID-19 est venue affaiblir encore davantage une communauté déjà menacée par les incendies de forêt, les violations des droits humains et l’absence de protection par le gouvernement Bolsonaro. Des témoignages du Brésil nous ont restitué que les consultations avec les peuples indigènes et les évaluations d’impact environnemental sont de plus en plus suspendues afin de forcer la mise en œuvre de mégaprojets liés à l’agro- industrie, à l’exploitation minière, aux barrages et aux infrastructures. Les peuples autochtones qui perdent leurs terres et leurs moyens de subsistance sont alors poussés encore plus loin dans la pauvreté́, avec des taux de malnutrition plus élevés, un manque d’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, et l’exclusion des services médicaux, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux maladies.

Le 29 octobre 2020, j’appelais le commissaire européen Lenarčič à organiser un fonds d’urgence humanitaire pour protéger les peuples autochtones d’Amazonie contre la menace de la pandémie de Covid-19. Une aide d’urgence permettrait de garantir la disponibilité des services médicaux, mais aussi d’assurer la fourniture de denrées alimentaires de base, de produits d’hygiène et de carburants afin qu’ils puissent être acheminés vers les communautés les plus isolées.

Je remercie le commissaire Lenarčič qui a pris ce problème en considération et nos cabinets qui ont travaillé ensemble pour collecter les informations nécessaires. Ce jeudi 25 février en commission parlementaire DEVE, il nous a fait l’honneur de nous annoncer en direct la récente approbation d’un financement humanitaire d’urgence de 900 000 euros pour répondre à la situation sanitaire dans le bassin amazonien au Nord du Brésil, en Colombie et au Pérou. En visant plus particulièrement les États brésiliens d’Amazonas, Amapá, Pará, Rondônia et Roraima ainsi que le département de Loreto au Pérou et le département d’Amazonas en Colombie, je me réjouis de voir que les interventions d’ECHO pourront viser plus particulièrement les populations autochtones à faire face à la crise sanitaire et alimentaire aggravée par le COVID-19. 

Alors que le dernier représentant masculin de la terre indigène Juma est décédé des suites du Covid-19 ce 28 février 2021[1] , cette aide humanitaire est bienvenue. Nous devons maintenant travailler sur d’autres canaux pour empêcher le gouvernement brésilien de continuer sa politique pro-mégaprojets au mépris des peuples autochtones, sinon d’autres populations autochtones risquent de disparaître. »

[1] https://www.liberation.fr/international/amazonie-un-peuple-disparait-des-suites-du-covid-19-20210228_T2HA5B2ZWZBP3KQ7PGW66SCOQA/

+ d’éléments :

  • Crises sanitaire et environnementales : la double peine des peuples autochtones d’Amazonie
  • REPLAY – Stratégie Biodiversité 2030 de l’UE : Quelles implications pour les peuples autochtones et les communautés

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Par Michèle Rivasi

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