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Subventions à l’énergie nucléaire: l’industrie nucléaire joue ses dernières cartes pour survivre

13 Avr 2012

Communiqués, Medias

Soutenu par la Pologne, la République-Tchèque et l’Angleterre, le gouvernement français demande à l’Union européenne de subventionner publiquement le nucléaire, sous prétexte qu’il ne provoquerait pas d’émissions de gaz à effet de serre.

A contre-courant de la tendance européenne de sortir ou refuser l’énergie atomique, les quatre Etats souhaitent faire payer les contribuables pour soutenir une énergie dangereuse et non-rentable.

Pour Michèle RIVASI, porte-parole d’Eva Joly, l’industrie nucléaire joue ses dernières cartes pour survivre: « La catastrophe de Fukushima a eu lieu il y a seulement un an, la situation dans les réacteurs est loin d’être contrôlée, les tests de résistance des réacteurs européens n’ont même pas été finalisés…et pourtant les Etats pro-nucléaires de l’UE – la France en tête – souhaiteraient que le nucléaire bénéficie des mêmes avantages que les énergies renouvelables? C’est hors de question! »

« Le nucléaire est déjà subventionné – au travers du financement public de la recherche – depuis maintenant 60 ans et l’on n’a toujours pas intégré concrètement les coûts de démantèlement et de gestion des déchets dans le prix du kWh électronucléaire! Pire, la plus importante de toutes ces subventions est le plafonnement de l’assurance-responsabilité nucléaire: aucune autre entreprise du domaine de l’énergie ne bénéficie d’un tel avantage scandaleux. C’est un déni total de responsabilité de la part de nos gouvernants, qui cherchent une fois de plus à lutter contre les problèmes de demain avec les énergies d’hier. En aucun cas la lutte contre le changement climatique doit mener à la renaissance forcée du nucléaire. »

Pour Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie – Les Verts, l’UE doit rester ferme face à l’arrogance des quatre pays : « Après Fukushima qui a montré que le nucléaire sûr n’existe pas, la démonstration est faite que le nucléaire pas cher est aussi un mythe. Alors que les énergies renouvelables sont une technologie récente en plein essor, le nucléaire est une énergie du passé, avec un coût qui ne cesse d’augmenter. L’énergie nucléaire est subventionnée depuis l’existence du traité Euratom, il y a maintenant soixante ans. Au lieu d’investir dans l’avenir et les énergies renouvelables, on veut continuer d’imposer une charge de plus en plus importante aux contribuables et aux consommateurs, comme c’est le cas en France avec l’EPR de Flamanville dont le coût s’élève déjà à 7 milliards d’euros alors que son fonctionnement est très loin d’être assuré. »

« Face à cette démonstration de la faillite industrielle et financière du nucléaire, nous invitons la Commission et les autre Etats membres à ne pas tomber dans ce piège et cette aberration énergétique, contraire à l’élimination du risque nucléaire et la modération du changement climatique. »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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