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Perturbateurs endocriniens : la Commission s’enfonce dans l’absurde

08 Déc 2016

Communiqués, Medias

La Commission européenne a commencé à faire circuler un troisième projet d’exécution (que nous nous sommes procurés) pour encadrer les perturbateurs endocriniens. Un projet qui manque d’ambition en matière de protection de la santé et de l’environnement.

Réaction de Michèle Rivasi, députée écologiste au Parlement européen :
« Cette Commission n’a plus aucun scrupule et ment de manière éhontée. Elle affirme qu’elle base sa définition pour encadrer les perturbateurs endocriniens sur celle de l’OMS mais c’est totalement faux. La proposition de la Commission fera peser une charge de la preuve considérable pour qu’une substance soit reconnue comme un perturbateur endocrinien. Pour démontrer qu’une molécule comme le bisphénol A perturbe notre système hormonal, il faudra prouver l’apparition d’effets indésirables, identifier le mode d’action endocrinien et une corrélation entre ces deux critères.
On est bien loin de la définition de l’OMS qui n’exige que le premier critère et affirme elle-même qu’on peut parfois observer l’apparition d’effets indésirables sans identifier le mode d’action. Prenons des substances comme les PCB de Monsanto utilisés dans les peintures. L’OMS rappelle que les effets indésirables de cette substance sur le système reproductif des mammifères ont été démontrés mais qu’on ne connait pas le mode d’action de cette substance qui conduit à l’apparition de ces effets indésirables. C’est exactement la même chose concernant les études sur les poissons qui sont exposés aux effluents des usines à papier.

Avec la proposition de la Commission, un perturbateur endocrinien pourra être autorisé si « le risque d’exposition de l’être humain est négligeable. » Cette logique de la Commission est dangereuse et constitue un glissement de l’évaluation du danger vers l’évaluation du risque

La Commission doit donc arrêter de se moquer du monde et revoir totalement ses critères. La plupart des États membres sont contre et beaucoup de parlementaires, de droite comme de gauche, sont prêts à mettre leur véto sur ce projet s’il était validé par les États. »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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