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Nucléaire: preuve est faite que la catastrophe de Fukushima aurait pu être évitée

06 Juil 2012

Communiqués, Medias

L’accident nucléaire de Fukushima a été « un désastre créé par l’homme » et non pas simplement provoqué par le séisme et le tsunami géant survenus le 11 mars 2011 dans le nord-est du Japon, a conclu jeudi 5 juillet une commission d’enquête indépendante mandatée par le Parlement.

Pour Michèle RIVASI, députée européenne EELV fondatrice de la Criirad, les conclusions du rapport doivent faire date: « Ce rapport est une victoire pour la démocratie, qui triomphe rarement face aux secrets et mensonges de l’industrie nucléaire, toujours bien protégée par des Etats complaisants. C’est maintenant prouvé: cette catastrophe nucléaire aurait pu être évitée si les autorités japonaises n’avaient pas pêché par excès de confiance et manque de gouvernance. L’erreur est donc humaine, faute d’avoir bien pris en considération les risques inhérents à l’industrie nucléaire. Chaque maillon humain de cette chaîne de décision a failli par défaut d’organisation ».

« La catastrophe était évitable mais les collusions d’intérêts étaient trop fortes pour empêcher l’inévitable : les régulateurs ont fait preuve de réticences à adopter les normes de sécurité internationale, c’est impardonnable. Selon la commission d’enquête, l’entreprise TEPCO était pertinemment consciente des retards pris dans les travaux antisismiques et anti-tsunami à Fukushima Daiichi. Pourtant, TEPCO soutenait encore il y a peu que la puissance du tsunami dépassait les prévisions et ne pouvait être envisagée. Conclusion évidente : les questions de sûreté ont mal été prises en compte par TEPCO et non sanctionnées par l’Agence de sûreté japonaise ».

« La France elle-même n’est pas à l’abri de ces pratiques défaillantes, alors même que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) française met parfois de nombreuses années à obtenir des solutions d’EDF aux problèmes relevés dans ses rapports d’inspection. Les risques identifiés ne sont que rarement suivis de mesures rapides et cohérentes. Regardez pour les évaluations complémentaires de sûreté (ECS) – qui pourtant ne s’attaquent qu’aux risques naturels – les travaux vont prendre jusqu’à 10 ans! Et dire qu’EDF vantait encore l’excellence de la sûreté française au lendemain de la catastrophe».

Et Michèle RIVASI de conclure: « Les défaillances du parc français et son vieillissement ne doivent pas être occultés et les centrales les plus à risque doivent être fermées en priorité. Ce ne sont pas les discours qui doivent changer, ce sont les pratiques et la réactivité des opérateurs face aux exigences des régulateurs : les collusions doivent cesser».

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