A A

Incident à la centrale nucléaire de Penly: la roulette russe continue

06 Avr 2012

Communiqués, Medias

Hier, la centrale nucléaire de Penly a été victime d’un incident classé au niveau 1 (sur l’échelle de l’INES), consistant en deux départs de feu et une fuite d’eau radioactive dans l’enceinte du réacteur numéro 2. Alors qu’EDF minimise les risques, un brin de contre-expertise s’avère nécessaire pour dénoncer le discours officiel.

Pour Michèle RIVASI, porte-parole d’Eva Joly, le traitement médiatique de cet incident tout comme l’échelle de l’INES participent à la banalisation du risque nucléaire : « Même si EDF se veut rassurant, l’eau radioactive qui a fui est extrêmement dangereuse et présente des risques d’irradiation pour le personnel d’intervention. Cet incident est un avertissement sérieux lancé à EDF et à l’Autorité de Sûreté Nucléaire, puisqu’il touche à la fiabilité des composants assurant le refroidissement du combustible. Le niveau d’incident annoncé n’est donc pas représentatif du danger réel car il ne prend en compte que les rejets radioactifs. Et pourtant des incidents de niveau 1 il y en a eu 141 rien qu’en 2010. Aujourd’hui le directeur délégué de la centrale en profite justement pour minimiser et dire laconiquement que c’est ‘un évènement qui arrive parfois dans la vie d’une centrale’. Nous avons évité un enchaînement qui aurait pu aboutir à la défaillance généralisée du système de refroidissement : la technologie nucléaire est plus fragile qu’on veut nous le faire croire ».

Cet incident est une preuve de plus de l’obsolescence du parc nucléaire français : « Si un joint se met à fuir lors d’un arrêt d’urgence, combien de joints ont aussi été fragilisés lors de cet incident ? Combien provoqueront une fuite au prochain arrêt ? Le vieillissement des centrales couplé à la course à la rentabilité n’augure rien de bon pour la sûreté nucléaire française, c’est statistique : plus nous allongeons la durée de vie des centrales, plus nous risquons d’atteindre des incidents d’une gravité accrue ».

Dès lors vient le temps des questions et de la transparence : «Quand a donc été pour la dernière fois vérifiée la fiabilité des composants de la pompe de refroidissement incriminée ? De quand date la pose du joint défaillant ? En l’état actuel, si nous voulons minimiser les risques au maximum, nous devons absolument contrôler toutes les pompes et remplacer immédiatement tout matériel défectueux ».

Articles similaires :

Tags: , , ,

One Response to “Incident à la centrale nucléaire de Penly: la roulette russe continue”

  1. Au moins 8 heures de fuite d’eau radioactive.
    Un employé blessé par brûlure.

    Je ne classerais pas au niveau 1, mais 2 ou 3 sur l’échelle Ines.

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives