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Pilules de 3e et 4e génération : nous ne voyons que le sommet de l’iceberg

La Commission Environnement et Santé du Parlement européen s’est réunie ce 26 mars pour aborder notamment la question des dangers des pilules contraceptives de 3e et 4e génération. L’occasion pour Michèle Rivasi, députée européenne Vice-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, d’interpeller la Commission européenne et l’Agence européenne du médicament (EMA).

« Aux Etats-Unis, 17.000 plaintes ont été déposées contre les laboratoires pharmaceutiques produisant ces pilules (accidents vasculaires cérébraux, embolies pulmonaires, thromboses veineuses) et en Suisse, les plaintes s’accumulent également. L’agence nationale française du médicament vient de publier un rapport dans lequel elle annonce qu’entre 2000 à 2011, la pilule contraceptive a provoqué chaque année plus de 2.500 accidents veineux et 20 décès (dont 14 attribuables aux pilules de 3e et 4e génération). Il a fallu que la France saisisse l’EMA pour que l’Europe s’intéresse enfin à cette question. Or nous ne voyons aujourd’hui que le sommet de l’iceberg d’un scandale d’ampleur à venir ».

« Si les plaintes ont été si peu nombreuses jusqu’à présent en Europe, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas eu suffisamment de remontées des effets secondaires de ces médicaments par les médecins, les gynécologues et par les patientes elles-mêmes qui ignorent qu’elles peuvent signaler ces effets à la base Eudravigilance (1). Ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui occupent tout le terrain pour l’évaluation des risques. Or, en tant que juges et parties, ces laboratoires ne font pas remonter à l’EMA les informations les plus pertinentes », poursuit l’eurodéputée.

« D’autre part, il est navrant de constater que ces mêmes laboratoires pharmaceutiques ont induit en erreur de nombreuses femmes pendant des années sur les « bienfaits » de ces pilules de 3e et 4e génération (pas de prise de poids, de douleurs mammaires etc) par le biais de sites internet d’information sur la contraception très visibles sur la toile. Leur choix a pu être tronqué par de la publicité déguisée. Enfin, les pharmacies européennes délivrent régulièrement des pilules contraceptives sans ordonnances. Comment connaître alors le véritable chiffres des victimes par AVC, ou de malades si aucun médecin n’a pu suivre ces femmes et si les accidents n’ont pas fait l’objet de remontées d’informations à l’EMA? », s’interroge Michèle Rivasi.

L’agence européenne des médicaments a annoncé au cours de la réunion du 26 mars que les résultats d’une étude élargie sur les contraceptifs hormonaux (pilules, patches, anneaux vaginaux etc) seraient rendus au mois de juillet ou de septembre 2013. La pilule Diane 35 fera pour sa part l’objet d’une évaluation séparée, plus rapide, et ouverte au public, qui pourra témoigner sur la base Eudravigilance. Les résultats seront connus dès la fin du mois d’avril 2013. En attendant, la France a demandé la suspension de l’autorisation de mise sur le marché de ce médicament sur son territoire.

(1) site internet Eudravigilance

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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