[CONFÉRENCE] Exportations de pesticides de l’UE et droits des peuples autochtones : comment l’accord UE-Mercosur fait passer le profit avant les droits humains et la planète 

Mardi 8 novembre, une grande conférence aura lieu au Parlement européen et en ligne : « Exportations de pesticides de l’UE et droits des peuples autochtones : comment l’accord UE-Mercosur fait passer le profit avant les droits humains et la planète ».

Sommaire

LES REPLAYS (Fr, En, Pt)

Programme en français

Infos pratiques :
Quand
? Mardi 8 novembre, de 14h à 16h.
Où ? Au Parlement européen, salle ASP5E1 ou en ligne.
🌍 Interprétation en français, anglais et portugais.
👉 Suivre la conférence en ligne : https://ep.interactio.eu/4jk9-e2nm-p7a1

Le Brésil est le plus grand acheteur au monde de pesticides hautement dangereux : ceux contenant des ingrédients actifs à toxicité extrêmement aiguë ayant de graves répercussions sur la santé humaine et la nature. Depuis 2019, près de 500 nouveaux pesticides sont approuvés chaque année par le gouvernement Bolsonaro. Les experts de l’ONU ont averti que le niveau d’utilisation de pesticides au Brésil contrevient aux droits de l’homme, principalement ceux des peuples autochtones, dont les droits sont violés par l’expansion agricole et la pulvérisation délibérée de pesticides toxiques sur leurs terres et leurs maisons.

Le Brésil est également l’une des principales destinations d’exportation de produits agrochimiques interdits dans l’UE. La pratique consistant à exporter des pesticides interdits dans l’UE a été qualifiée de violation des droits de l’homme par les rapporteurs des Nations unies et les responsables des droits de l’homme, en juillet 2020.

L’accord UE-Mercosur, s’il est ratifié, augmentera les exportations de pesticides dangereux de l’UE vers les pays du Mercosur, y compris les pesticides interdits dans l’UE en raison du risque qu’ils présentent pour la santé humaine et l’environnement. L’accord augmentera également les exportations de cultures et de produits à base de cultures, y compris le soja, la canne à sucre et l’éthanol dérivé de la canne à sucre, qui dépendent fortement des pesticides, et de produits à base de viande comme la volaille, qui dépendent d’aliments pour animaux à base de soja – entraînant davantage de pesticides. Ces produits agricoles sont inextricablement liés à la déforestation et à la destruction de la biodiversité, ainsi qu’à la violation des droits autochtones.
De nombreuses entreprises européennes de pesticides sont de grands exportateurs de ces pesticides hautement dangereux et interdits, notamment les géants allemands Bayer et BASF. Ces entreprises profitent de réglementations plus faibles et de généreuses exonérations fiscales au Brésil. Le commerce de produits chimiques entre l’UE et le Mercosur représente actuellement 6,3 milliards d’euros par an. L’industrie chimique européenne soutient fermement la ratification de l’accord UE-Mercosur.

La stratégie de l’UE « Farm to Fork » vise à réduire considérablement l’utilisation des pesticides dans l’UE. Le commerce promu par l’accord UE-Mercosur est fondamentalement en contradiction avec cette stratégie et avec d’autres objectifs verts de l’UE. La Commission européenne s’est engagée, en octobre 2020, à « montrer l’exemple et, conformément aux engagements internationaux, à veiller à ce que les produits chimiques dangereux interdits dans l’Union européenne ne soient pas produits pour l’exportation ». Deux ans plus tard, l’interdiction d’exportation prévue ne figure pas dans le programme de travail de la Commission européenne.

Le profit ou les droits humains et la planète ?

Cette conférence invite des intervenants clés des mouvements sociaux brésiliens et des mouvements de défense des droits des autochtones à exprimer leurs préoccupations concernant les impacts considérables de l’accord commercial UE-Mercosur sur leurs territoires. Ils partageront leurs connaissances et leurs positions sur les politiques brésiliennes en matière de pesticides, du pouvoir problématique des agro-industries, bénéficiaires de cet accord destructeur qui méprise de manière flagrante les droits humains et environnementaux.

Déroulé

14h00 :

  • Introduction par Michèle Rivasi, eurodéputée point focal droits autochtones à la commission DEVE (10’)
  • « Les peuples autochtones luttent contre l’accaparement des terres par l’agro-industrie »(10′) Kretã Kaingang, coordinatrice d’Articulação dos Povos Indígenas do Brasil (APIB)
  • « L’influence du lobby européen des pesticides » (5′) Audrey Changoe, Amis de la Terre Europe
  • « Usage massif de pesticides et impacts sur les pratiques agroécologiques » (10’) Graciela Almeida, représentante du Mouvement des travailleurs sans terre (MST) du Brésil et productrice agroécologique d’une communauté touchée par une forte contamination par les pesticides.
  • « Peuples autochtones touchés par les pesticides » (10’), Emiliano Maldonado, avocat spécialisé dans les droits de l’homme, aide les communautés à intenter des poursuites contre l’abus de pesticides.
  • « Utilisation des pesticides au Brésil et impacts sur la santé » (10’), Larissa Bombardi, Chercheuse au Département de Géographie, Université de São Paulo
  • « Pourquoi l’accord commercial UE-Mercosur doit être arrêté » (10′) Luana Hanauer, Représentante de la Coalition contre l’accord commercial UE-Mercosur

15h00 : Présentation de la Commission européenne

  • « Quelles actions peuvent être envisagées par l’UE pour s’assurer que les pesticides interdits dans l’UE ne sont pas produits pour l’exportation ? » (10′) Juergen Helbig, expert principal – Produits chimiques, DG Envi, Commission européenne
  • « La forme actuelle de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et les prochaines étapes possibles » John Bazill, chargé de mission, DG Commerce, Commission européenne

15h20 : Questions/réponses avec les participants dans la salle

15h40 : Conclusions des eurodéputés Marie Arena (S&D), Saskia Bricmont (Greens/EFA)  et Claude Gruffat (Verts/ALE)

Programme en anglais

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Par Michèle Rivasi

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