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Visite présidentielle en Azerbaïdjan: on ne construit pas la paix dans la région sans une société civile libre de s’exprimer

24 Avr 2015

Communiqués, Medias

Ce samedi 25 avril 2015, François Hollande se rendra à Bakou en Azerbaïdjan où il rencontrera pour la troisième fois depuis un an son homologue Ilham Aliev.

À l’ordre du jour, le conflit au Nagorno-Karabakh, mais aussi les relations économiques entre la France et l’Azerbaïdjan et les Jeux européens qui auront lieu à Bakou en juin prochain. Encore une fois, le Président de la République devrait rester muet sur la dégradation alarmante de l’état de la démocratie et des droits humains en Azerbaïdjan pour ne pas froisser cette autocratie du gaz et du pétrole.

Michèle Rivasi, Présidente de la délégation EELV au Parlement européen, réagit:

« Depuis Erevan où je me trouve pour commémorer le centenaire du génocide arménien, je voudrais saluer les efforts de François Hollande et son engagement personnel pour tenter de résoudre le conflit au Nagorno-Karabakh dans le cadre du Groupe de Minsk. En tant qu’eurodéputée, je me suis moi-même impliquée dans ce dossier et me suis rendue au Nagorno-Karabakh en 2010, ce qui m’a valu d’être inscrite sur la ‘liste noire’ de l’Azerbaïdjan, ‘illégalement’ selon les autorités du pays. Je tiens à rappeler au Président Hollande qu’il n’y aura pas de résolution durable de ce conflit tant que le régime Aliev continuera de bénéficier d’une impunité internationale soutenue honteusement par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe.

Au cours des deux dernières années, l’Azerbaïdjan a engagé ou menacé d’engager des poursuites pénales arbitraires contre au moins 50 militants indépendants ou membres de l’opposition politique, journalistes, blogueurs et défenseurs des droits humains. Plus de 1400 plaintes pour violation des droits humains ont été déposés devant la Cour européenne des droits de l’homme. Et la situation ne fait qu’empirer à l’approche des premiers Jeux européens qui se tiendront à Bakou en juin prochain, comme le révèle un récent rapport de l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme (1). Le 16 avril dernier, Rasul Jafarov, président du Club des droits humains d’Azerbaïdjan, a été condamné à six ans et demi de prison à la suite d’un semblant de procès où aucune preuve d’une quelconque culpabilité n’a été apportée.

Mais pendant ce temps, l’UE et en particulier la France continuent de percevoir l’Azerbaïdjan comme un allié privilégié dans sa stratégie de diversification de ses sources d’approvisionnement en énergie. Car c’est bien notre addiction aux énergies fossiles qui pérennise l’inaction face aux dérives du régime Aliev. Tant que nous ne serons pas fermes sur nos convictions et nos valeurs, nous ne paraîtrons jamais crédibles face à ces interlocuteurs qui n’ont que faire des droits et des principes les plus fondamentaux. La libération de Leyla et Arif Yunus, qui ont été arrêtés notamment parce ce qu’ils luttaient depuis longtemps pour la réconciliation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan (2), devrait être au cœur de vos discussions avec Ilham Aliev, et un prérequis pour la tenue des Jeux européens. Une demande de libération immédiate et sans condition par ailleurs exigée par le Parlement européen en septembre dernier (3). »

(1) https://www.fidh.org/IMG/pdf/rapport_azerbaidjan_francais_final.pdf
(2) Les époux Yunus avaient notamment lancé le premier et unique site Internet permettant aux sociétés arménienne et azérie d’échanger publiquement leurs points de vue.
(3) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P8-TA-2014-0022&language=FR&ring=P8-RC-2014-0090 µ

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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