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Union de l’énergie: une politique énergétique en déphasage avec l’accord de Paris sur le climat

15 Déc 2015

Communiqués, Medias

Le Parlement européen a adopté le rapport sur l’Union européenne de l’énergie et celui du député suédois Verts-ALE, P. Eriksson sur la réalisation de l’objectif de 10 % d’interconnexion dans le secteur de l’électricité.

En ce qui concerne l’Union de l’énergie, Claude TURMES, porte-parole Verts-ALE sur les questions de politique énergétique déclare:

« La politique énergétique de l’UE ne va pas dans la bonne direction et contredit les engagements internationaux qui viennent d’être scellés à Paris. L’accord sur le climat impose la sortie des énergies fossiles et le passage à une économie basée sur les énergies renouvelables. Ce vote du Parlement ne rectifie pas le tir de la proposition incroyablement faible de la Commission européenne sur ce sujet ni les positions peu ambitieuses des États membres.

Le Parlement a néanmoins réaffirmé l’objectif des 40% d’efficacité énergétique d’ici 2030 décliné en objectifs nationaux contraignants. En soulignant les avantages socio-économiques et géopolitiques colossaux d’un scénario axé sur l’efficacité énergétique, les députés insistent pour que de la Commission le prenne en compte dans sa modélisation des différentes options énergiques. »

Pour la Vice-présidente du groupe Verts-ALE, Michèle RIVASI :

« L’industrie nucléaire se meurt mais elle ne se rend pas : une majorité d’eurodéputés continue de soutenir une source d’électricité dont les coûts ne cessent d’augmenter alors même que les énergies renouvelables ne cessent de gagner en compétitivité. Quant aux gaz et pétrole de schiste, ils ont du plomb dans l’aile. La fuite en avant européenne vers des énergies fossiles indigènes serait un non-sens climatique et, heureusement, le Parlement l’a bien compris. Je déplore néanmoins que le Parlement soutienne mordicus la capture et la séquestration du carbone: cette technologie est loin d’être éprouvée et risque de cautionner le maintien des énergies fossiles. Ne l’oublions pas le meilleur moyen de séquestrer du carbone, c’est d’arrêter la déforestation et de planter, et planter encore des arbres ».

Concernant le rapport sur l’interconnexion dans le secteur de l’électricité, le rapporteur, P. ERIKSSON estime que:

« L’amélioration de l’interconnexion électrique entre pays est importante car elle renforce la flexibilité, la décentralisation, le caractère soutenable du secteur de l’énergie et permet d’accroître la part des énergies renouvelables.

Comme l’affirme le rapport que nous venons de voter, l’objectif global de 10% d’interconnexion est un premier pas qui doit aller de pair avec des politiques régionales fondées, elles aussi, sur des objectifs et des critères qui prennent en considération les différences spécifiques à travers l’UE afin de garantir un marché performant de l’électricité.

Enfin, l’amélioration de la coordination au niveau européen est nécessaire à la réalisation d’un système interdépendant efficace. Ceci requiert une implication majeure de l’agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER). »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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