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Sécurité nucléaire : le survol des drones met en lumière l’absence de protection appropriée des piscines de désactivation

03 Nov 2014

Communiqués, Medias

Alors que le survol des centrales nucléaires est interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1.000 mètres d’altitude autour des sites, des drones ont été repérés à plusieurs reprises au-dessus de centrales nucléaires en France : 13 des 19 centrales françaises ont été visitées depuis le 5 octobre dernier. Ces informations avaient été en premier lieu dévoilées par « Le Journal de l’énergie » (1) le 29 octobre dernier, la presse nationale s’en est ensuite fait l’écho.

Réaction de Michèle RIVASI, députée européenne écologiste fondatrice de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité) :

« La réponse des autorités pourrait prêter à rire si la sécurité nationale n’était pas en jeu, malheureusement les faits sont inquiétants et non suivis d’effets consistants. Le 19 octobre, plusieurs centrales ont été survolées dans la même journée ce qui fait supposer que plusieurs personnes seraient aux manettes, et non un individu isolé. Nous apprenions la semaine dernière qu’ordre aurait été donné de tirer à vue sur les drones, comme l’a rapporté un gendarme sans que cela soit confirmé par le Ministère de l’Intérieur».

« Les drones ne peuvent pas porter des charges trop lourdes (maximum 3 kilogrammes selon les informations commerciales disponibles). Il reste quand même important de savoir si l’élément le plus vulnérable d’une centrale (le toit des bâtiments abritant les piscines de désactivation des combustibles usés) pourrait résister à des charges explosives de plusieurs kilogrammes. Nous n’en savons rien et avons donc toutes les raisons valables d’être inquiets ».

« Aujourd’hui, il faut identifier les auteurs de ces survols. Difficile de croire que les autorités en soient incapables sauf si justement ces survols sont des opérations orchestrées par les services de renseignement pour tester la capacité de réaction. Dans ce cas, les autorités doivent le dire, les Français ne peuvent rester dans l’inconnu ».

« Enfin, il faut prendre les dispositions nécessaires en matière de sûreté : accélérer les travaux de mises aux normes post-Fukushima et aller même au-delà des préconisations qui avaient été faites a minima. Au niveau européen, les écologistes avaient pourtant alerté la Commission européenne du traitement partiel des risques de sûreté et avaient justement demandé que soient pris en compte les crashs aériens. Ils avaient aussi insisté sur la ‘bunkérisation’ (protection avec une dalle en béton) des piscines de refroidissement des combustibles usés qui sont pourtant une grave menace radioactive, où les déchets des réacteurs sont stockés au moins 3 ans sur place. C’est là toute la tragédie de la sûreté nucléaire, elle se concentre sur le seul ‘bâtiment réacteur’ et non sur les annexes de la centrale qui représentent pourtant un danger réel. Tirons rapidement les conclusions de ces évènements, qui ne doivent pas rester sans suites ».

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One Response to “Sécurité nucléaire : le survol des drones met en lumière l’absence de protection appropriée des piscines de désactivation”

  1. Marc dit :

    Pour EDF la securitè des centrales nuclearies est un element secondaire car un accident ne pourra jamais arriver…. C est ce que on pensait avant Three Miles Islands, Tchernobyl, Fukushima et de dizaines d’autres qui ont été cachés ……
    On attend avec impatience l accident majeur en France…..

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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