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Antennes-relais : Réduire l’exposition aux ondes électromagnétiques, c’est possible et urgent

27 Août 2013

Communiqués, Medias

Par Michèle RIVASI, députée européenne EELV et Isabelle ATTARD, députée EELV du Calvados

Le comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile (Copic) a remis le 26 août au ministre de l’Ecologie et à la ministre déléguée à l’Economie numérique deux rapports sur les ondes électromagnétiques.

Le premier rapport porte sur la « diminution de l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes relais de téléphonie mobile ».

Chargé d’étudier la faisabilité d’une réduction de l’exposition du public aux ondes sous le seuil de 0,6 V/m (volt par mètre), recommandée par le Conseil de l’Europe et que nous considérons comme un seuil de protection sanitaire, le Copic souligne que la seule solution est de « multiplier par un facteur au minimum égal à trois » le nombre de sites.

En effet, la mutualisation des antennes relais, et donc la réduction de leur nombre, impliquerait une augmentation de la quantité d’ondes nécessaire à une bonne communication avec les téléphones portables. Au contraire, augmenter le nombre d’antennes entraine mécaniquement un besoin de puissance d’émission d’ondes moindre, et donc moins nocive.

C’est une mauvaise nouvelle pour les opérateurs de téléphonie mobile, pour qui multiplier par trois, quatre ou cinq les antennes-relais entrainera des travaux et des coûts plus importants. Mais n’ont-ils pas les moyens de le faire, au vu des factures que nous payons?

C’est donc une solution à privilégier pour la population : alors que déploiement de la 4G devrait s’accompagner d’une augmentation de l’exposition du public aux ondes de l’ordre de 50%, il nous apparaît plus que nécessaire de préserver la population en diminuant son exposition aux antennes relais, nocives pour la santé.

Doit-on attendre de compter le nombre de malades, alors qu’il est possible, techniquement, de réduire l’exposition des populations aux ondes? Les effets sanitaires ont été démontrés. Le principe de précaution, qui est un principe constitutionnel, doit être appliqué.

Le second rapport est le fruit « des expériences de nouvelles formes de concertation et d’information locale dans le cadre de l’implantation des antennes relais de téléphonie mobile ». Le comité issu du Grenelle des ondes y fait des recommandations en matière de concertation locale autour des projets d’antennes-relais, comme « l’information obligatoire des occupants d’un bâtiment préalablement à l’installation d’une antenne » ou « la possibilité pour les maires de demander aux opérateurs des simulations du champ généré par une future antenne ».

Si les communes ne peuvent plus rejeter une demande d’autorisation d’implantation d’antennes-relais (comme l’a décidé le Conseil d’État), les rapporteurs critiquent « les pratiques de concertation établies par certaines communes permettant d’établir des politiques implicites visant à limiter le niveau des champs électromagnétiques ». Il est également demandé aux élus d’organiser des concertations « autres que la réunion publique », à cause « de l’absence de représentants de l’Etat et de l’agressivité de certains participants », ce que nous regrettons. Les réunions publiques permettent en effet aux citoyens de s’exprimer contre l’implantation des antennes relais proches de leurs maisons, des hôpitaux, des crèches, écoles ou maisons de retraite.  Les maires doivent pouvoir continuer à limiter l’exposition aux ondes électromagnétique sur leur commune s’ils estiment que la salubrité publique est menacée.

Doit-on encore poursuivre indéfiniment les réflexions dans une nouvelle instance, comme le suggèrent les ministres Philippe MARTIN et Fleur PELLERIN dans leur communiqué pour accoucher d’un énième rapport ou décide-t-on enfin de prendre acte des conclusions déjà établies et d’agir en conséquence de manière responsable ?

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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