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Rapport Energies 2050: des conclusions aussi partiales qu’irresponsables pour un avenir énergétique durable

13 Fév 2012

Communiqués, Medias

La conclusion du rapport Energies 2050 commandé par Eric Besson est loin d’être une surprise: au prix d’une analyse aussi partielle que partiale, la commission d’experts préconise de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans. Alors que les Français attendent un véritable débat sur l’énergie, le gouvernement joue la carte des experts pour légitimer son manque d’ambition et le maintien du statu quo à grand renfort de milliards gaspillés.

Pour Michèle Rivasi, porte-parole d’Eva Joly, ces conclusions sont erronées pour différentes raisons: « Franchement, quand Eric Besson commande une étude sur les perspectives énergétiques de la France, à quoi bon s’attendre? Jacques Percebois, qui préside cette commission, avait écrit après Fukushima qu’on ne pouvait se passer du nucléaire (1). Ce rapport n’est donc qu’une bessonnade de plus dans un débat dominé et faussé par les nucléocrates.

La médiocrité de la méthodologie de cette commission est évidente: alors qu’il s’intéresse soit disant à l’énergie, il ne parle que d’électricité… laquelle représente moins d’un quart de l’énergie consommée en France! De plus, le rapport postule un doublement de la demande énergétique mondiale d’ici à 2050, alors même que les Etats européens se sont engagés à réduire leur consommation d’énergie, une belle incohérence. Avec un tel préjugé, on ne sort donc pas d’une logique productiviste et on ne peut donc rendre des conclusions en faveur des énergies renouvelables.

Par ailleurs, les experts ne s’intéressent pas à la question cruciale de la facture électrique pour l’utilisateur final. Pour les écologistes, c’est totalement irrationnel de limiter le débat au simple prix du kWh, ce qui compte c’est la part des revenus que les Français consacreront à leur facture énergétique: on peut consommer moins à niveau de vie égale.

Ce rapport omet de préciser que prolonger la durée de vie des centrales au-delà de 40 ans est inédit: nous ne savons tout simplement pas à quels risques nous attendre en matière de sûreté. Dans un avis de 2010, l’IRSN concluait qu’au-delà de 35 ans le risque de rupture brutale des cuves de certains réacteurs n’était pas à exclure (2). Pourtant actuellement, le changement des cuves d’un réacteur nucléaire est techniquement impossible ».

Et Michèle Rivasi de conclure: « Il est aussi irresponsable de prolonger la durée de vie de centrales dangereuses au prix fort qu’anti-démocratique d’affirmer qu’il faut empêcher toute fermeture administrative en dehors des injonctions de l’ASN: où est le débat public? »

(1) voir sa tribune: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/18/une-energie-indispensable-qui-pourrait-etre-plus-fiable_1495209_3232.html

(2) L’IRSN liste les réacteurs suivants: Dampierre 4, Cruas 1 & 2, Saint-Laurent B1 et Chinon B2, Saint-Laurent B12 et Bugey 5

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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