A A

Préparation à un accident nucléaire : le déni de réalité français passé au révélateur européen

28 Avr 2016

Communiqués, Medias

Alors que la commémoration des 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a été l’occasion pour le gouvernement français de « rassurer » les Français en étendant les Plans Particuliers d’Intervention (1) de 10 à 20 kilomètres autour des centrales nucléaires. Et alors que 30 ans après, le mensonge d’État sur le nuage radioactif de Tchernobyl n’a toujours pas été reconnu, la Belgique vient d’annoncer la distribution d’iode à titre préventif à l’ensemble de la population du pays (étendant le périmètre à 100 kilomètres).

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée écologiste et co-fondatrice de la Criirad (2) :
« En 1986, nous avions eu Pellerin pour nous désinformer, aujourd’hui nous avons de la poudre de Pellerin-pinpin iodée pour tenter de nous rassurer. Déjà en Suisse, le périmètre a été étendu à 50 kilomètres après Fukushima, aujourd’hui la Belgique étend ce périmètre à 100 kilomètres. En France, le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire français (ASN), plaide lui-même pour étendre le périmètre à 100 kilomètres, une distance équivalente à l’impact radiologique de Fukushima alors que celui de Tchernobyl a été de 300 kilomètres. Avec un périmètre de 20 kilomètres, seulement 2,4 millions de Français sont concernés par les PPI, avec un périmètre de 100 kilomètres la seule centrale de Nogent-sur-Seine menacerait 9,8 millions d’habitants. Des ordres de grandeur qui font comprendre pourquoi le gouvernement reste laxiste : le coût des mesures préventives serait démesuré et l’on risquerait de faire peur à la population. Pour rien ? ».

« Non, les récentes révélations en Allemagne (virus informatique à la centrale nucléaire de Beieren), en Belgique (espionnage d’un ingénieur nucléaire par des terroristes et sabotage de la centrale de Doel) mais aussi le mystère complet entourant le survol des centrales nucléaires françaises par des drones, démontrent que la sûreté nucléaire n’est pas maîtrisable et qu’en plus d’absence de risque zéro, le facteur humain accroît la probabilité d’un accident nucléaire. Le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, reconnaît lui-même qu’une attaque terroriste d’un site nucléaire peut devenir une réalité avant cinq ans. Le programme nucléaire français a été initié à une époque où le risque terroriste était jugé irrecevable, mais aujourd’hui la menace est dorénavant confirmée. La minimisation des risques et le déni de réalité sont les causes premières de la catastrophe de Fukushima : il devient irresponsable aujourd’hui de continuer à cautionner le recours à l’énergie nucléaire. La fuite en avant française doit cesser avant que la fuite radioactive ne nous rattrape, il en va de l’avenir de notre pays mais aussi de nombreux pays européens qui ont pourtant fait le choix rationnel de sortir du nucléaire ».

(1) les PPI prévoient l’information de la population, la distribution d’iode, la mobilisation des hôpitaux, l’organisation d’une éventuelle mise à abri de la population, etc.
(2) Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité

Articles similaires :

Tags: , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives