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Nucléaire: EDF tente d’imposer « à tout prix » la relance du nucléaire en France

23 Oct 2015

Communiqués, Medias

Le PDG d’EDF a déclaré aujourd’hui que l’entreprise projetait un renouvellement du parc nucléaire français, qui devrait se traduire par le déploiement à terme de « plusieurs dizaines » de réacteurs EPR NM (Nouveau Modèle).

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée EELV : « Alors qu’EDF est empêtré dans son chantier de Flamanville et tente de vendre l’électricité la plus chère d’Europe à Hinkley Point en Angleterre, cette provocation montre bien à quel point l’avenir de l’entreprise dépend du marché français. Pourtant, les ruptures technologiques dans d’autres domaines de l’énergie vont offrir à la France la possibilité de sortir progressivement du nucléaire, tout en développant de nouvelles filières industrielles bien plus prometteuses en termes d’emplois ».

« Alors que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a dévoilé hier son scénario d’une France avec une électricité 100 % issue des énergies renouvelables (63 % d’éolien, 17 % de solaire, 13 % d’hydraulique et 7 % de géothermie et thermique renouvelable), il convient de mettre en regard le coût d’un tel scénario avec le coût actuel du nucléaire : l’EPR d’Hinkley Point produira un Mégawattheure (MWh) à 130 euros, le scénario de l’Ademe propose un MWh à 119 €. Cherchez l’erreur… »

« Je m’inquiète aussi des déclarations concernant les investissements prévus pour prolonger la durée d’activité des centrales à 60 ans. Tout d’abord, c’est prendre un risque incommensurable car les centrales n’étaient pas prévues pour dépasser les 40 ans d’activité, et plus une centrale vieillit plus les incidents pouvant se transformer en accidents deviennent récurrents. Et surtout, ça n’est pas à EDF de décider mais bien à l’Autorité de Sûreté Nucléaire de trancher sur cette possibilité. À force de jouer les apprentis sorciers, on risque de le regretter».

« La plupart des projets énergétiques en cours ou à venir au niveau mondial concernent avant tout les énergies renouvelables. Et le risque terroriste est plus que jamais une menace pour notre sécurité commune : quelques personnes bien avisées pourraient facilement mettre à mal le mythe de la sécurité nucléaire. Nous avons eu de la chance jusqu’ici, ne la provoquons pas plus longtemps ».

Et Michèle RIVASI de conclure: « Ce projet de nouveaux réacteurs EPR est déjà mort dans l’œuf: il faudra 15 à 20 ans pour le concevoir et la stratégie énergétique française ne peut se construire sur des suppositions et autres hypothèses farfelues. Les entreprises du nucléaire sont tout plus endettées les unes que les autres, et le défaut de paiement les guette: à part à chercher des partenaires peu recommandables, EDF n’aura jamais les moyens de financer un tel projet ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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