A A

Feu vert aux EPR d’Hinkley Point : les consommateurs britanniques pris pour des vaches à lait radioactives

15 Sep 2016

Communiqués, Medias

La Première Ministre britannique Theresa May a finalement annoncé le lancement du projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, grâce à un investissement franco-chinois de 22 milliards d’euros. Une décision qui démontre, s’il le fallait encore, que l’industrie nucléaire ne survit que sous perfusion de subventions publiques déguisées.

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée candidate à la primaire des écologistes:

« Les écologistes européens n’ont eu de cesse de contester le mécanisme de financement de ce projet qui constitue, par son système de rachat d’électricité à un prix exorbitant, une aide d’État qui aurait dû être jugée illégale par la Commission européenne. Mais non, les petits arrangements entre amis au plus haut niveau de la Commission européenne ont empêché toute contestation de cette décision, alors que la technologie nucléaire est considérée comme mature, a profité largement de subventions publiques ces 60 dernières années et devrait de fait être exempté de tout mécanisme d’aide. Si les marchés financiers et les investisseurs privés ne veulent plus financer de tels projets, c’est bien parce que leur viabilité économique n’est pas prouvée. N’oublions néanmoins pas que les gouvernements autrichiens et luxembourgeois ont attaqué cette aide d’État illégale devant la Cour européenne de Justice : il est toujours possible qu’elle la juge incompatible avec les principes de la libre concurrence sur le marché européen de l’énergie ».

« Alors que l’endettement d’EDF (37 milliards d’euros) ne cesse de s’accroître à cause des ratés des EPR d’Olkiluoto (Finlande) et de Flamanville, cette décision met en péril l’équilibre financier du groupe. Après son directeur financier, un administrateur d’EDF avait lui aussi démissionné en juillet dernier, ne cautionnant pas cette stratégie suicidaire. Mais quand l’État (et donc l’argent du contribuable) est prêt à tout pour renflouer une filière exsangue, le modèle économique importe peu ».

« Au final, les consommateurs britanniques paieront 117 euros du MWh, un tarif bien au-dessus des prix actuels du marché de l’électricité et bien supérieur à la rémunération prévue aujourd’hui pour l’énergie éolienne. Rendons-nous compte que pour 13 milliards d’euros, l’on pourrait construire 3000 éoliennes terrestres qui produiraient autant d’électricité. Et pour le même prix qu’Hinkley Point, on pourrait aussi financer 5,7 GW d’éolien offshore. A la lumière de ces chiffres, un tel investissement est réellement incompréhensible ».

Et Michèle RIVASI de conclure : « Surtout, cette décision permet à la Chine de construire sa première centrale nucléaire en Europe, avec la bénédiction des gouvernements français et britanniques, puisque c’était la condition imposée pour obtenir une participation financière chinoise au projet. Outre-manche, des experts en sécurité craignent que cela permette à la Chine d’infiltrer le réseau d’électricité et de le pirater. Voilà où on en arrive quand on veut sauver le prétendu fleuron de notre industrie : on cautionne tout et n’importe quoi, en gaspillant l’argent du contribuable et en bradant notre technologie au plus offrant».

Articles similaires :

Tags: , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives