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Décès de Pierre Pellerin: la mémoire des victimes françaises de Tchernobyl bafouée à jamais

04 Mar 2013

Communiqués, CRIIRAD, Medias

Le professeur Pierre Pellerin, grand spécialiste du nucléaire et mis en cause pour avoir minoré l’impact du nuage de Tchernobyl sur la santé, est décédé dimanche 3 mars à l’âge de 89 ans.

Michèle RIVASI, députée européenne EELV et fondatrice de la Criirad (*), s’est longtemps battue pour faire reconnaître par la justice la responsabilité de Pierre Pellerin dans la mauvaise gestion de l’accident de Tchernobyl sur le sol français. Il avait nié l’importance des retombées radioactives et ce mensonge avait empêché de prendre les dispositions nécessaires à la bonne protection de la population. Aujourd’hui, la disparition de P. Pellerin ne doit pas remettre en cause le travail de reconnaissance et de mémoire des victimes de Tchernobyl, en France comme ailleurs.

« Il y a quelques mois encore, la justice française rendait un non-lieu contre Pierre Pellerin, dans ce qui sera sûrement l’un des derniers procès intenté contre des dirigeants français au sujet de la catastrophe de Tchernobyl. Alors que nos pays voisins prenaient des mesures interdisant la consommation de lait et produits agricoles au lendemain de Tchernobyl, Pierre Pellerin a prétexté l’innocuité des retombées radioactives pour légitimer l’inaction d’un gouvernement français décidé à ne pas entacher la réputation du nucléaire en France », déplore l’eurodéputée.

« Pourtant des milliers de personnes en France sont aujourd’hui affectées par Tchernobyl et l’épidémie de cancers de la thyroïde qui s’en est suivie. Ces victimes n’ont jamais eu le droit à la reconnaissance du préjudice qu’ils ont subi: leurs droits ont été bafoués par le secret nucléaire et je ne saurai l’accepter. Sans condamnation par la justice, sans mémoire collective des conséquences sanitaires de la catastrophe, la France est condamnée à répéter ses erreurs, à cautionner le mensonge d’Etat ».

Et Michèle RIVASI de conclure: « Le professeur Pellerin rentrera dans l’Histoire, non pas pour avoir su protéger la population française contre les dangers de Tchernobyl, mais comme un criminel qui n’aura jamais été puni. Sénèque a dit ‘le bon juge condamne le crime sans haïr le criminel’, mais il a aussi dit ‘le coupable est celui à qui profite le crime’. Ainsi, le juge ne reconnaîtra jamais les victimes, le crime restera impuni et le nucléaire coupable ne sera jamais condamné. Une preuve de plus que là où commence le nucléaire s’arrête la démocratie ».

(*) La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité  a été créée quelques jours après la catastrophe de Tchernobyl, afin de faire la lumière sur les mensonges de l’Etat français entourant les retombées radioactives de l’accident nucléaire.

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One Response to “Décès de Pierre Pellerin: la mémoire des victimes françaises de Tchernobyl bafouée à jamais”

  1. simple-touriste dit :

    De quel « secret » parlez-vous?

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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