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La mobilisation contre les gaz de schiste s’étend à la Bulgarie

18 Oct 2011

Communiqués

Le vendredi 14 octobre, la députée européenne Michèle Rivasi (Les Verts/ALE) s’est rendue à Novi Pazar et à Varna, en Bulgarie, à l’invitation du candidat socialiste aux élections présidentielles bulgares et député européen Ivailo Kalfin (S&D). Sur place, elle a rencontré les acteurs politiques et les citoyens afin de partager l’expérience française sur le dossier controversé des gaz de schiste.

Le ministre bulgare de l’énergie Traycho Traykov a annoncé en juin 2011 qu’une autorisation d’exploration de gaz de schiste dans le nord du pays avait été attribuée à la compagnie américaine Chevron pour cinq ans.

Pour Michèle Rivasi, « En France, les citoyens se sont mobilisés avec force contre l’utilisation de la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz et huile de schiste, à cause des risques de pollution des nappes phréatiques. Ce qui a finalement donné lieu à une loi interdisant l’usage de cette technique et à l’abrogation, début octobre, de trois permis d’exploration dans le Sud du pays. Je constate qu’ici en Bulgarie, pays à la terre très fertile et donc très agricole, les citoyens sont préoccupés par l’autorisation donnée à Chevron et ne veulent pas de pollution de l’eau qui mettrait à mal les cultures de céréales ».

Alors que les élections présidentielles approchent en Bulgarie, Ivailo Kalfin s’est engagé de son côté à faire un référendum sur la question des gaz de schiste : « Ce référendum serait une réponse logique aux aspirations légitimes de la société civile bulgare. Par ailleurs, en cas de victoire aux élections présidentielles, je m’engage à favoriser la mise en place d’un projet de loi visant à interdire la fracturation hydraulique, comme en France », a-t-il déclaré à Varna.

Sur place, les députés européens ont rencontré une population motivée et informée, et des associations environnementales proposant diverses pétitions pour s’opposer au projet d’exploration. La mobilisation citoyenne est donc en marche, et l’atmosphère est différente de celle que l’on peut trouver en Pologne.

« La règlementation européenne encadrant les gaz de schiste n’est pas assez contraignante et comporte des lacunes, la Commission elle-même le reconnaît. Il faut donc prendre en compte les dernières études montrant les dangers de la fracturation hydraulique pour élaborer une nouvelle directive ou renforcer celles qui existent », estime Michèle Rivasi. La députée européenne ajoute : « Le non aux gaz de schiste bulgare doit s’accompagner d’un non inconditionnel à l’énergie atomique. Le projet de construction de la centrale nucléaire bulgare de Bélène, située sur une faille sismique, représente un risque inacceptable. Je jouerai de mon influence pour dissuader la Bulgarie de s’engager dans cette voie mortifère. »

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2 Responses to “La mobilisation contre les gaz de schiste s’étend à la Bulgarie”

  1. Gerard MEDAISKO dit :

    Bonjour

    Je suis d’accord avec vous pour faire obstacle à la construction de la centrale nucléaire de Bélène s’il s’avère qu’elle est implantée sur une faille sismique, voire dans une région à sesîsmicité reconnue.

    Mais je pense que vous faites fausse route quand vous parlez de pollution de nappes phréatiques par suite de fracturation hydraulique. Je suis géologue conseil, établi des deux côtés de l’Atlantique et, depuis bientôt 10 ans,j’ai participé à qques 1500 opérations de fracturation de réservoirs non conventionnels sans constater le moindre accident.La cinquantaine d’opérations de fracturation hydraulique qui se sont déroulées en France pendant le même temps n’ont donné lieu à aucun incident.

    Je suis prêt à en parler avec vous à tête reposée car il me faudrait des pages entières pour vous faire part de mon expérience.

    Avec une dette souveraine qui va bientôt flirter avec les 1700 milliards d’euros, la France se doit de réduire sa facture pétrolière sans tarder et d’affecter les économies réalisées au remboursement de cette dette.Gaz et huiles de schiste sont un moyen de le faire en espérant qu’ils nous permettront de conserver notre notation AAA. Notre refus contribue à miner la monnaie europénne en favorisant son erosion par rapport aux autres devises de référence.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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