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Sûreté nucléaire – La Commission cautionne l’allongement de durée de vie des centrales nucléaires européennes

Suite à l’accident nucléaire de Fukushima, la Commission européenne a mis en place les fameux ‘stress tests’ (tests de résistance) européens de l’industrie nucléaire, afin de vérifier la vulnérabilité des centrales européennes à une catégorie limitée de risques. Suite à leur publication, les différents opérateurs européens ont dû procéder à des travaux obligatoires d’amélioration de la sûreté des centrales nucléaires européennes.

Aujourd’hui, le Commissaire à l’énergie Günther Oettinger a dévoilé les contours de la nouvelle directive européenne sur la sûreté nucléaire. Réaction des eurodéputés EELV Michèle RIVASI et Yannick Jadot, tous deux membres de la Commission Industrie recherche et Énergie (ITRE).

Michèle RIVASI, vice-Présidente du Groupe des Verts-ALE, se satisfait difficilement des annonces faites: « Je suis extrêmement déçue que la Commission cautionne le prolongement de la durée de vie des réacteurs européens sur la base d’un examen spécifique. Les conséquences du vieillissement des matériaux et des cuves sur la sûreté sont jusque-là inconnues: je trouve irresponsable de prolonger un parc qui devient plus menaçant d’année en année, dans le seul but de garantir la compétitivité d’une énergie du passé. Suite à la visite de François Hollande au Japon, je souhaite aussi rappeler que nous avons des responsabilités en exportant cette technologie, surtout lorsque l’on aide à produire du MOX dans un pays à l’activité sismique dévastatrice. En cas de nouvel accident au Japon, la France sera définitivement considérée comme un marchand de mort ».

« Quant à la réalisation dans toute l’UE d’examens juridiquement contraignants tous les six ans, il est réducteur de penser que la pluri-nationalité des équipes permettra une meilleure sûreté. Les experts de l’industrie ont tous la même objectivité, peu importe leur pays d’origine, c’est pourquoi il faut leur opposer une participation de la société civile. C’est pour cette raison je participe actuellement à la création de ‘Nuclear Transparency Watch’, un réseau européen de vigilance nucléaire ».

Pour Yannick JADOT, député européen EELV: « Les quelques mesures proposées en matière de de transparence et d’indépendance du régulateur sont bienvenues. Nous espérons qu’elles limiteront les conflits d’intérêt omniprésents dans le nucléaire qui empêchent toujours les citoyens de connaître la réalité des risques qui leur sont imposés. Pour le reste, le Commissaire Oettinger continue de défendre un lobby nucléaire qui peine de plus en plus à masquer la faillite industrielle et financière de cette industrie, et la gravité des risques encourus ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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