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Le vote du Parlement sur Andrej Babiš montre que le conflit d’intérêts menace le processus décisionnel de l’UE.

Aujourd’hui, les députés européens se prononceront sur le conflit d’intérêts du Premier ministre tchèque, Andrej Babiš. Le vote, qui a été demandé par le Groupe des Verts/ALE, appelle à une action de la part de la Commission et du Conseil sur le conflit d’intérêts du Premier Ministre tchèque et de son groupe d’entreprises Agrofert. La Commission a récemment publié son premier audit sur les finances du Premier ministre Babiš ; un deuxième audit portant sur le conflit autour des fonds agricoles de l’UE est en cours et doit encore être publié. 

Déclaration de Michèle RIVASI, membre de la Commission du contrôle budgétaire:

“Parmi les entreprises européenne, Agrofert est le principal bénéficiaire des fonds de la politique agricole commune et elle est détenue par Andrej Babiš,un Premier ministre européen en fonction. Il ne s’agit pas seulement d’un problème tchèque, mais d’un problème majeur pour l’ensemble de l’Union européenne. Le conflit d’intérêts du Premier ministre mine le processus décisionnel de l’UE et affaiblit la confiance dans nos institutions. Le vote d’aujourd’hui montre que le Parlement est parfaitement conscient de la gravité de cette situation et de la nécessité urgente de mettre en place une approche systématique, tant en République tchèque qu’à Bruxelles, pour éviter que ce type de situation préjudiciable ne se reproduise.” 

“Le Premier ministre Babiš est en conflit d’intérêts et le Conseil ne fait rien pour empêcher que cela n’affecte les décisions prises au plus haut niveau. Dans les négociations actuelles sur la nouvelle politique agricole commune, M. Babiš s’oppose à toute réforme substantielle – y compris le plafonnement des paiements agricoles aux grands bénéficiaires. Le Premier ministre tchèque ne doit plus être autorisé à négocier des fonds et des politiques dont il pourrait bénéficier personnellement. Les citoyen·ne·s européen·ne·s doivent pouvoir être sûr-e-s que les institutions agissent dans l’intérêt des personnes qu’elles sont censées représenter. Le Conseil doit indiquer comment il entend protéger les négociations relatives au cadre financier pluriannuel et à l’initiative “Next Generation” de ce conflit d’intérêts permanent.”

“Comme nous le constatons en Hongrie et en Pologne, les institutions démocratiques sont fragiles et peuvent être démantelées rapidement. Nous ne pouvons pas permettre que cela se produise également en République tchèque, où l’ingérence politique et la propriété des médias créent un dangereux précédent. Ce qui se passe aujourd’hui en République tchèque s’apparente à ce que nous appelons la “capture de l’État” dans d’autres pays. La Commission a la possibilité d’envisager de recourir au nouveau mécanisme de l’État de droit, en fonction des menaces qui pèsent sur les valeurs européennes et le budget de l’UE. Les citoyen·ne·s s tchèques et européen·ne·s doivent savoir que la Commission est résolument de leur côté.

En savoir plus: Le débat préalable à cette résolution a eu lieu lors de la dernière session plénière. Les résultats du vote d’aujourd’hui seront disponibles ce soir. Le texte devrait recueillir une majorité. La Commission européenne a clairement démontré que le Premier ministre Babiš a enfreint les règles relatives aux conflits d’intérêts en contrôlant des fonds fiduciaires liés à son groupe d’entreprises Agrofert. Toutes les subventions de l’UE, ainsi que tous les fonds qui ont été attribués par le budget national tchèque à son entreprise Agrofert depuis février 2017 (date à laquelle une loi locale sur les conflits d’intérêts est entrée en vigueur) sont irréguliers et doivent être restitués. Le Groupe des Verts/ALE a été le premier à demander à la Commission d’enquêter sur ce conflit en septembre 2018.

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Par Michèle Rivasi

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