40 ans du Tricastin : Débranchons la centrale avant qu’il ne soit trop tard !

Samedi 26 juin, une grande manifestation, portée par 18 organisations, aura lieu à Montélimar pour réclamer la fermeture de la centrale nucléaire du Tricastin qui fête ses quarante ans. Michèle Rivasi, eurodéputée, co-fondatrice de la Criirad et engagée depuis plus de trente ans dans la lutte anti-nucléaire, sera présente lors des rassemblements Place de Provence pour demander l’arrêt des activités du Tricastin et réaffirmer son opposition à l’industrie du nucléaire.

Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée et co-fondatrice de la Criirad :

Les quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin ont aujourd’hui dépassé les 40 ans de fonctionnement et ils tournent désormais, sans études d’impact sur l’environnement ni consultations des pays voisins, prévues par la législation européenne. EDF fait tout pour prolonger le fonctionnement des réacteurs nucléaires français jusqu’à 50 ans, voire 60 ans. C’est irresponsable, ces réacteurs n’ont pas été conçus pour fonctionner au-delà de 40 ans, certaines pièces, comme la cuve, ne sont pas réparables ni remplaçables.

En outre, EDF prévoit d’implanter six nouveaux réacteurs (EPR) en France, avec le soutien de l’Etat. Depuis près d’un an, une trentaine d’élus drômois mène un puissant lobbying en faveur de l’installation de deux EPR sur la centrale nucléaire du Tricastin, alors qu’ils représentent un fiasco industriel et économique.

Les anniversaires des catastrophes de Tchernobyl (35 ans) et de Fukushima (10 ans) ainsi que le récent incident sur l’unique EPR mis en service, à Taishan en Chine, nous rappelle que le pire est à craindre.

L’industrie nucléaire fait peser un risque inacceptable sur la population en minimisant les risques et en prolongeant le fonctionnement de ses centrales. Le site du Tricastin se situe en zone sismique et sous le niveau d’eau du canal de Donzère-Mondragon, s’exposant ainsi potentiellement à un débordement du canal ou à la rupture d’une de ses digues. Depuis 20 ans, le débit moyen du Rhône a baissé de 30% et si le phénomène se poursuit, il pourrait baisser de moitié et devenir insuffisant pour refroidir d’énormes EPR. Outre le risque d’accidents, cette situation créera in fine des conflits d’usage majeurs entre les besoins en eau pour l’agriculture, ceux de la biodiversité et les nécessités de refroidissement des installations nucléaires.

Plutôt que d’investir dans une industrie en faillite et dangereuse, débranchons ces vieux réacteurs à bout de souffle. Préparons un plan de reconversion des travailleurs du nucléaire. Développons les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, en isolant nos logements et en luttant contre le gaspillage.

Le nucléaire nous freine dans la transition énergétique et notamment les énergies renouvelables qui, elles, sont créatrices de centaines de milliers d’emplois. En France, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) reconnait que le scenario 100% d’énergies renouvelable en 2050 est réaliste et coûterait le même prix que de maintenir le nucléaire.

RDV le 26 juin à partir de 14 h Place de Provence à Montélimar pour s’opposer au développement du nucléaire !

Photo : Centrale de Tricastin © Gilles Paire

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Par Michèle Rivasi

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