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Téléphonie cellulaire: catastrophe sanitaire à l’horizon? (La Press.ca)

10 Déc 2012

Medias, Revue de presse

Publié le 09 décembre 2012 à 06h00 | Mis à jour le 09 décembre 2012 à 12h00
Par MARC THIBODEAU

(Paris) Les États européens doivent lancer des campagnes de sensibilisation à grande échelle sur les risques que représente l’usage intensif du téléphone cellulaire s’ils veulent éviter une «catastrophe sanitaire d’ampleur» comme celle de l’amiante ou du tabac.

Tel est du moins l’avis de la députée européenne Michèle Rivasi, qui reproche à la Commission européenne de «jouer à l’autruche» devant le problème sanitaire posé par la prolifération de ces appareils.

«Nous n’en sommes plus au stade de la précaution, mais bien de la prévention», souligne en entrevue l’élue d’origine française.

Bien que les études scientifiques à ce sujet se contredisent, la politicienne se dit convaincue que l’exposition répétée aux ondes électromagnétiques utilisées par les téléphones cellulaires peut entraîner des problèmes de santé importants.

Un précédent

Mme Rivasi en veut notamment pour preuve le précédent créé par Innocente Marcolini, un Italien de 60 ans qui vient d’obtenir en justice le droit à une pension d’invalidité à vie après avoir contracté une tumeur bénigne au cerveau.

Cet ancien cadre d’une multinationale maintient depuis des années que ses troubles de santé découlaient de l’utilisation intensive de son téléphone cellulaire sur une période de plus de 10 ans.

La Cour de cassation italienne, la plus haute instance judiciaire du pays, a validé définitivement en octobre la décision d’un tribunal inférieur selon laquelle l’appareil avait contribué au développement de la tumeur.

«S’ils m’avaient avisé des risques qu’il y avait à utiliser autant le téléphone, j’aurais évité», a déclaré cette semaine M. Marcolini lors d’un passage à Bruxelles.

L’ancien cadre, qui souffre de douleurs chroniques, multiplie les interventions publiques à ce sujet. Il a reçu l’appui devant les tribunaux de chercheurs italiens qui étudient de longue date l’effet des ondes électromagnétiques sur la santé.

Le professeur Angelo Levis, qui a étudié et défendu le cas de M. Marcolini, estime que la décision de la justice italienne marque un tournant important. Beaucoup reste cependant à faire puisque la plupart des États conservent, selon lui, des normes d’exposition beaucoup trop élevées.

«On ne veut pas supprimer les téléphones cellulaires, mais garantir qu’ils sont utilisés de manière compatible avec la santé», relève ce spécialiste retraité de l’Université de Padoue, joint hier en Italie.

En Grande-Bretagne

Les sociétés de téléphonie mobile, dit-il, reconnaissent à mots couverts les risques que représentent leurs appareils en affichant des mises en garde qui visent à les protéger d’éventuelles poursuites. Celles-ci demeurent, selon lui, beaucoup trop discrètes et échappent à l’attention du public.

Mme Rivasi estime aussi que la décision rendue par la justice italienne est une étape importante dans la lutte entreprise par nombre d’associations convaincues des effets néfastes des champs électromagnétiques sur la santé.

Elle pense que la Commission européenne devrait prendre la mesure de la situation et lancer une nouvelle directive forçant les États membres à organiser des campagnes de sensibilisation.

Certains pays ont déjà entrepris des démarches en ce sens. C’est le cas notamment de la Grande-Bretagne, qui finalise actuellement un feuillet d’information devant rappeler les «incertitudes scientifiques» liées à l’usage des téléphones cellulaires. Il doit être distribué dans les magasins où ces appareils sont vendus en prévision de la période de Noël.

Mme Rivasi espère que la France et le reste du continent emboîteront rapidement le pas aux Britanniques. «Ce qui est arrivé à Innocente Marcolini peut nous arriver aussi», conclut-elle.

Selon la firme suédoise Ericsson, on comptait 6 milliards d’abonnements de téléphonie cellulaire dans le monde à la fin de 2011. Environ 4 milliards de personnes seraient concernées puisque plusieurs usagers ont plus d’un abonnement.

Des études contradictoires et contestées

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), lié à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a conclu en 2010 à l’issue d’une vaste étude qu’il n’y avait pas de «prévalence accrue» de cancers cérébraux chez les usagers de téléphones mobiles.

Un groupe d’experts du CIRC réunis à Lyon a néanmoins amené l’année suivante l’OMS à classer ces produits comme étant «possiblement cancérigènes», au niveau 2 d’une échelle de classification allant de 1 (cancérigène) à 4 (non cancérigène).

Une autre étude importante, produite par la Société danoise du cancer, a conclu plus récemment qu’il n’y avait pas de risque accru de cancer cérébral chez les usagers de téléphones cellulaires.

L’eurodéputée Michèle Rivasi note que nombre de travaux scientifiques dans ce domaine sont financés par l’industrie téléphonique elle-même et que leurs conclusions doivent donc être accueillies avec précaution.

Le professeur Levis croit que la classification retenue par l’OMS «sous-évalue» les risques posés par les téléphones cellulaires.

Il juge plus crédibles des études produites en Suède par le chercheur Lennart Hardell qui suggèrent un impact sanitaire important.

6 milliards

Selon la firme suédoise Ericsson, on comptait 6 milliards d’abonnements de téléphonie cellulaire dans le monde à la fin de 2011. Environ 4 milliards de personnes seraient concernées puisque plusieurs usagers ont plus d’un abonnement.

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One Response to “Téléphonie cellulaire: catastrophe sanitaire à l’horizon? (La Press.ca)”

  1. Bonjour
    Cela fait un peu peur de lire ce genre d’article surtout que notre métier est axé sur la téléphonie mobile. Mais bon, à peu près tout le monde connaisse le risque alors, à chacun de prendre les dispositifs nécessaires pour le limiter!

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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