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Santé publique – Glyphosate: la Commission dit « oui » à une prolongation de 18 mois

29 Juin 2016

Communiqués, Medias

Le Commissaire en charge de la santé, Andriukaitas, a confirmé ce soir que la Commission allait procéder à une « extension technique » de 18 mois de l’autorisation de la substance active de l’herbicide le plus vendu au monde: le RoundUp de Monsanto. Cette décision intervient après que les États membres n’aient pu s’accorder à la majorité qualifiée contre l’autorisation du glyphosate le 24 juin dernier.

Réaction de Michèle RIVASI, Vice-Présidente Verts-ALE, membre de la Commission environnement et santé publique :

« La Commission aurait dû interdire cette substance considérée comme un cancérogène probable par l’OMS et ainsi faire prévaloir la santé des Européens sur les préoccupations strictement pécuniaires de l’industrie chimique. En procédant au renouvellement de l’autorisation de cette substance, la Commission refuse de tourner la page de l’agriculture chimique en dépit des dégâts sanitaires qu’elle provoque. En France et en Europe, des agriculteurs produisent déjà sans glyphosate sur des parcelles de plus de 100 hectares[i]. Nous devons les soutenir massivement et encourager financièrement leurs collègues qui n’ont pas encore osé se tourner vers une agriculture biologique. Ces 18 mois de prolongation doivent être utilisés à bon escient par les États membres pour organiser la sortie définitive du glyphosate. Le message politique doit donc être sans équivoque y compris pour produire un impact sur les investisseurs et l’industrie qui vont devoir s’adapter à ce changement. Les pesticides ne sont pas viables y compris au plan économique. Une étude de 2015 du Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism estime que les dégâts sanitaires liés à l’exposition aux pesticides atteignent les 120 milliards d’euros par an en Europe.»

Pour José BOVÉ, Membre Verts-ALE de la Commission agriculture :

« Le glyphosate est le nerf de la guerre menée par toute l’industrie de l’agrochimie pour conserver une agriculture soumise aux pesticides chimiques, Monsanto en tête. Deux tiers des Européens n’en veulent cependant ni dans leur assiette, ni dans les champs ! La Commission européenne et les États ne peuvent les ignorer.

Dans cette affaire, les États-membres se sont à nouveau organisés pour refiler la patate chaude à la Commission. Or d’après le droit européen, la Commission reste libre d’agir lorsqu’aucune majorité qualifiée n’existe au Conseil. Elle avait encore la possibilité d’écouter les citoyens et d’interdire ce poison pour notre santé et l’environnement. Elle n’a pas su s’en saisir et a préféré autoriser à nouveau le glyphosate, ce qui, dans ces conditions, est un très grave déni de démocratie. »

[1] http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/16035/$File/10%20-56_306.pdf?OpenElement

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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