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Nuage d’iode 131 en Europe: manque de transparence et inefficacité des systèmes d’alertes radiologiques

17 Nov 2011

Communiqués, CRIIRAD, Medias

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait état le 11 Novembre de la présence d’iode 131 dans l’atmosphère en République tchèque et dans d’autres pays européens, à des niveaux ne présentant aucun risque pour la santé. L’IRSN a pour sa part rendue publique cette information mardi.

Aujourd’hui, les autorités sont toujours incapables de trouver une raison et une origine à cette présence anormale d’iode 131 dans l’atmosphère, ce qui a poussé Michèle RIVASI (fondatrice de la CRIIRAD) à saisir les institutions européennes.

Dans une lettre adressée aux Présidents du Parlement européen (Jerzy Buzek), de la Commission (Manuel Barroso) et du Conseil (Herman Von Rompuy), mais aussi au Commissaire à l’Energie (Gunther Oettinger), elle détaille les raisons de son inquiétude et appelle à une totale transparence:

« Le temps de réaction de l’AIEA pose déjà en soi un problème: les autorités tchèques avaient déjà mesuré des taux anormaux d’iode 131 depuis fin octobre et ont tardé à notifier l’AIEA. Aujourd’hui ce sont 10 pays européens, représentant une surface de plus de 2 millions de kilomètres carrés qui ont relevé des taux inhabituels. Pourtant personne n’est capable – du moins officiellement – de trouver ni l’origine, ni la cause de cette anomalie. C’est préoccupant.

Certes, les niveaux constatés à l’échelle européenne ne seraient pas dangereux pour la santé humaine. Mais que ce soit une centrale nucléaire (1) ou un site industriel (médical) à l’origine de ces rejets, les riverains peuvent courir un risque sanitaire non négligeable et jusqu’à présent aucune communication ne permet ni de les identifie, ni de les informer. Alors que l’on vante le nucléaire comme une technologie de pointe dont les risques sont calculés et maîtrisés, comment se fait-il que personne ne soit à même de retracer le trajet des rejets et trouver leur origine? Ne dispose-t-on pas d’une modélisation tenant compte de phénomènes météorologiques passés?

Pourtant nous disposons de deux instruments pour avoir accès aux données concernant la contamination de l’air. Le système européen d’échange d’informations en cas d’urgence radiologique (ECURIE) a-t-il été activé? Et qu’en est-il des balises de détection mises en place par l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBTO)? Combien de temps attendre encore avant d’obtenir les résultats? Autant de questions qui démontrent qu’on ne dispose pas actuellement d’un système d’alerte européen efficace, pertinent et dont les données seraient accessibles à tout citoyen européen. »

(1) l’AIEA suggère que la cause de cette présence anormale ne serait pas liée à un accident dans une centrale nucléaire, puisqu’un seul type de radionucléide est incriminé.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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