A A

Incident nucléaire en Ukraine : tout va bien, mais rien ne va plus en Europe à l’approche de l’hiver

03 Déc 2014

Communiqués, Medias

Un incident nucléaire est survenu hier à la centrale nucléaire de Zaporizhye, dans le sud-est de l’Ukraine, là où les forces militaires pro-russes sont présentes. L’alerte a pu paraître inquiétante mais la mise à l’arrêt automatique de la centrale est pour l’instant rassurante. L’accès à l’information dans cette zone reste cependant sujet à des craintes en matière de transparence, voire d’intox.

Réaction de Michèle RIVASI, députée européenne écologiste, fondatrice de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) et de Nuclear Transparency Watch (NTW), réseau européen (comprenant des membres en Ukraine) de vigilance pour la sûreté nucléaire :

« D’après les informations de première main que j’ai obtenues de représentants de la Commission européenne à Kiev, il n’y aurait pas de danger imminent. Un transformateur électrique aurait pris feu suite à un court-circuit, entraînant la mise à l’arrêt automatique du réacteur. C’est un problème qui est loin d’être surprenant et pourrait devenir récurrent, en Ukraine et ailleurs : la vétusté des installations couplée à une forte demande d’électricité due à l’arrivée du froid pourrait faire apparaître d’autres incidents similaires et récurrents. La pénurie d’énergie et le rationnement conséquent devraient affecter durablement l’Ukraine ».

« Même si l’alerte semble être levée, il y a de nombreuses raisons de s’inquiéter des risques nucléaires en Ukraine, et notamment à celle de Zaporizhye. Les tirs de missiles sont fréquents dans la région et pourraient frapper – de manière volontaire ou non – une centrale nucléaire. Par ailleurs, du combustible usagé a été envoyé en août dernier de la Hongrie vers la Russie, à travers l´Ukraine alors déjà en guerre civile. L´Union Européenne n´a rien fait pour garantir la sécurité de ces transports, dont la légalité est fortement remise en question. La Commission européenne qui était avertie depuis plus d´un an déjà par des ONG – dont NTW – ne semble pas vouloir se saisir de ce dossier pourtant grave pour les populations concernées par ces échanges. Le risque de prolifération nucléaire est bien réel dans la région ».

« De manière générale cet incident sur le transformateur peut affecter n’importe quel pays, n’importe quelle centrale, comme ça a été le cas ce dimanche pour le réacteur de Tihange 3 en Belgique. Dès lors se pose la question du risque de black-out dans certaines régions d’Europe, ce qui est le cas en Belgique où la moitié de la capacité nucléaire est à l’arrêt pour des problèmes de microfissures dans des cuves de réacteurs ou de sabotage. La France elle-même est dans une situation problématique, dépendant chaque hiver d’un approvisionnement extérieur en électricité, du fait d’une politique passée ayant favorisé l’usage du chauffage électrique et s’étant désintéressée de l’importance d’une isolation thermique efficace des logements ».

« Les survols de drones en France font toujours planer le doute sur les intentions de leurs auteurs : une action terroriste ciblée et simultanée sur plusieurs transformateurs de centrales nucléaires pourrait provoquer un black-out régional, national, voire même européen avec des conséquences humaines et économiques désastreuses. Les autorités doivent apporter des réponses concrètes aux doutes et craintes des Français ».

Articles similaires :

Tags: , , ,

One Response to “Incident nucléaire en Ukraine : tout va bien, mais rien ne va plus en Europe à l’approche de l’hiver”

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives