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Gaz frigorigène « mortel » HFO-1234yf: Daimler / Mercedes-Benz confirme les risques et s’oppose à son utilisation dans ses voitures

03 Oct 2012

Communiqués, Medias

En janvier dernier, Michèle RIVASI organisait une conférence de presse au Parlement européen pour dénoncer les dangers liés au gaz frigorigène HFO-1234yf (1). Cette conférence de presse avait suscité un tollé médiatique, puisque tous les automobilistes mais aussi les garagistes et les pompiers étaient directement concernés par les doutes de sécurité émis et les risques de toxicité soulevés. Le gaz frigorigène HFO-1234yf (ou R1234yf) étant amené à équiper l’ensemble des systèmes de climatisation automobile mondiaux, les craintes étaient fondées.

Mais, l’histoire ne s’arrête pas là. Le groupe Daimler (notamment propriétaire de Mercedes-Benz) a annoncé le 25 septembre dernier qu’il refusait d’équiper ses voitures avec le gaz R1234yf pour des raisons de sécurité, suite à la réalisation de tests complémentaires.

Pour Michèle RIVASI, vice-présidente du groupe des Verts-ALE, la position prise par Daimler conforte les craintes exprimées: « Daimler fait preuve de responsabilité en tentant d’éprouver les dangers pointés du doigt par d’autres études indépendantes. Daimler étant le constructeur ayant les voitures aux normes de sécurité les plus élevées, je me réjouis d’apprendre que le constructeur refuse désormais d’équiper ses nouveaux véhicules avec le R1234yf, un fluide frigorigène hautement toxique ».

Michèle RIVASI détaille les raisons du refus de Daimler: « Alors que les tests réalisés en laboratoire pour l’homologation du R-1234yf suivaient un protocole précis – censé reproduire les conditions réelles – Daimler a voulu faire ses propres tests complémentaires hors des laboratoires, dans un véritable scénario d’expérimentation en conditions réelles. En simulant une collision frontale (dispersion dynamique et sous haute pression du réfrigérant sur les composants chauds du moteur), le réfrigérant qui connaissait une inflammabilité basse en laboratoire s’est montré très inflammable lors de son contact avec le compartiment moteur encore chaud. Ces résultats remettent totalement en cause le protocole d’études et démontrent que le risque est bien réel« .

« L’étude interne de Daimler a été transmise aux autorités et associations compétentes, mais aussi aux autres constructeurs automobiles. La Commission européenne devrait se prononcer prochainement sur la fiabilité de l’étude et la reconnaissance des résultats obtenus. Les enjeux financiers sont énormes pour Dupont et Honeywell, les deux entreprises qui ont développé conjointement ce nouveau gaz breveté, puisqu’il s’agit là d’équiper le marché mondial de l’automobile. A n’en pas douter, les lobbies s’activent actuellement en coulisses pour défendre leurs intérêts financiers ».

(1) Rappel des faits:

La directive 2006/40/CE visait à changer les systèmes de climatisation utilisés pour les voitures ou véhicules légers (systèmes de climatisation mobiles dits « MAC » ou « Mobile Air Conditioning »), dans le but de réduire l’impact néfaste des gaz utilisés pour ces systèmes. Dorénavant les gaz employés devront avoir un potentiel de réchauffement planétaire inférieur à 150.

L’industrie a donc du développer un nouveau système pour remplacer le gaz utilisé jusque-là (HFC-134a).

La société HoneyWell a ainsi développé le fluide frigorigène HFO-1234yf qui devrait être utilisé pour remplacer les systèmes de climatisation à l’échelle du globe. Ce gaz a par ailleurs été approuvé par SAE International, et devrait donc être prochainement installé dans tous les systèmes MAC.

Pourtant, ce gaz inflammable et toxique pourrait mettre en danger la vie des conducteurs en cas de collision frontale entre véhicules, ou même blesser des pompiers qui tenteraient d’éteindre un incendie de voiture. En effet, la température d’auto-inflammation du HFO-1234yf est assez basse (405°C) et l’inflammation de ce gaz produit du fluorure d’hydrogène, qui se transforme en acide fluorhydrique – extrêmement toxique et corrosif – au contact de l’eau. Dès lors, tant les passagers présents dans l’habitacle que les pompiers s’exposent à une mise en danger de mort.

Une vidéo des tests qui ont suscité la controverse est disponible ici: http://youtu.be/SMY8jb6SKMM

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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