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François Fillon met en danger notre système de santé: vers la mise en place d’un comité « vigie-santé »

29 Nov 2016

Communiqués, Medias

Les observateurs ont beaucoup glosé sur la vision libérale-conservatrice, voire traditionnaliste du candidat François Fillon à la présidence de la République. Si l’indignation a été importante pour déplorer la casse sociale et le délitement des services publics qu’occasionnerait la suppression de 500 000 postes dans la Fonction publique ou le retour aux 39 heures payées 37, la suprême régression sociale est la remise en cause de l’héritage de notre Etat-Providence fondé notamment sur l’égal accès à tous aux soins.

François Fillon a dit vouloir supprimer l’aide médicale d’État (AME) dont bénéficient les étrangers en situation irrégulière ainsi que le tiers-payant obligatoire généralisé qui vient d’être voté avec la loi Touraine. Il prévoit aussi le désengagement dans l’Hôpital public déjà bien malade. Mais surtout, François Fillon vise à mettre en place une distinction dans les remboursements des dépenses de santé entre les traitements des maladies graves et de longue durée (qui continueront à être remboursés de la même manière par la Sécurité sociale) et « le reste » qui sera pris en charge par des complémentaires santé privées.

Nous voilà donc avec ce programme dans un système à double vitesse, une privatisation de notre système de santé publique ne garantissant plus l’universalité d’accès aux soins et sapant les fondements mêmes de la Sécurité sociale fondé sur la solidarité nationale. La Sécu est un facteur essentiel de cohésion sociale et de solidarité dont seul l’Etat peut être garant. Saper ses fondements, c’est porter un coup de grâce à l’héritage du CNR « Les jours heureux » et les acquis de l’après-guerre qui ont permis la création de la Sécurité sociale sous l’égide du général de Gaulle.

La mise en oeuvre de ce programme ferait régresser la France, qui a pourtant été pendant des décennies championne du monde dans le domaine de la santé publique et accentuerait les inégalités entre nos concitoyens dans un pays en proie déjà à de lourdes fractures sociales et territoriales qu’il convient de réparer plutôt que d’amplifier.

Je vais dès demain prendre l’initiative de la mise en place d’un collectif de vigilance avec des professionnels de la santé et des usagers du service public pour questionner et interpeller l’ensemble des candidats à la présidentielle et lancer des alertes quand ces programmes nous paraissent en contradiction avec l’intérêt général et la pérennisation de notre système de santé.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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