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Efficacité énergétique en Europe : le gouvernement français tient un double discours

L’efficacité énergétique fait l’objet de discussions âpres à l’échelon européen. La France y prend une place « particulière » en étant le principal Etat membre qui cherche à saborder les ambitions de la Commission européenne et du Parlement.

La Commission Européenne, soutenue par le Parlement, souhaite rendre contraignant l’objectif d’efficacité énergétique du paquet « climat énergie ».

Pour Michèle RIVASI, députée européenne :

« Avec cette directive sur l’efficacité énergétique, tout le monde sera gagnant :

– Les ménages, qui verront leur facture de chauffage diminuer,
– L’Etat français, qui économisera sur les imports d’énergie fossiles (gaz, pétrole…) et qui représente aujourd’hui près de 70 milliards d’euros par an,
– L’emploi, qui sera massivement crée dans des secteurs d’activité pour les économies d’énergie (bâtiment-isolation, recyclage…)
– La planète, car cette directive nous permettra d’atteindre les objectifs de réduction de 20% de gaz à effet de serre d’ici 2020, en conformité avec nos engagements. »

Une nouvelle directive prévoit l’adoption d’outils concrets, comme l’obligation de rénover annuellement 3% du des bâtiments publics.

Or, par différents artifices et des arguments fallacieux, la France cherche à vider le texte de sa substance, au point de mettre en danger le processus de discussion.
Pour Michèle RIVASI ; « Nous sommes dans le double discours : le discours « grenelle » au niveau national, qui nous fait croire l’engagement du gouvernement actuel pour l’écologie et les actes au niveau européen, avec l’absence de volonté politique pour des directives aussi importantes que celle sur l’efficacité énergétique ».

Le second enjeu porte sur le fonds européen FEDER – fonds européen de développement régional – La Commission européenne propose le fléchage de 20% du prochain budget vers l’efficacité énergétique, ce qui est une proposition indispensable pour que l’Union Européenne atteigne ses objectifs. Plusieurs Etats membres, en tête desquels la France, ne veulent pas en entendre parler.
« Et pourtant, selon Michèle RIVASI, les fonds européens sont indispensables à la mise en œuvre de projets ambitieux en faveur de l’économie verte sur les territoires »

Pour Europe Écologie – les Verts, la position des négociateurs français à Bruxelles sur l’efficacité énergétique est inadmissible. Le gouvernement français devrait impérativement faire adopter par son administration une position conforme aux engagements souscrits par la France lors du Grenelle et de l’adoption du paquet Climat-Energie.

EELV se désespère que sur un tel sujet d’intérêt général, le tandem Fillon-Sarkozy saborde le navire avant de le quitter.

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One Response to “Efficacité énergétique en Europe : le gouvernement français tient un double discours”

  1. Valentin dit :

    [ De nouveau ]

    Une simple comparaison en dit déjà long sur l’évolution de la production d’électricité au cours des dix dernières, en France et dans d’autres pays européens :

    http://energeia.voila.net/renouv/electri_renouv_fr_de.htm

    En dix ans, la proportion d’électricité renouvelable dans la production totale d’électricité a fortement progressé en Europe alors que la part du nucléaire diminuait, comme celle des combustibles fossiles. L’électricité renouvelable a permis d’éviter une importante quantité d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants, avec moins de nucléaire.

    Et au niveau mondial :
    http://energeia.voila.net/energie/comparatif_nes.htm

    Chaque année depuis 2006, la production d’électricité ajoutée par les nouvelles éoliennes dépasse de beaucoup celle ajoutée par les nouveaux réacteurs nucléaires. En 2011, le solaire photovoltaïque a lui aussi dépassé le nucléaire en production ajoutée.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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