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CONFERENCE ENVIRONNEMENTALE : ne participons pas à cette supercherie !

28 Avr 2016

Medias

 

TRIBUNE PUBLIEE DANS L’HUMANITE LUNDI (lors de l’ouverture de la conférence environnementale)

 

Le gouvernement n’en finit pas de trahir ses promesses et de tourner le dos à l’urgence écologique.

 

Dernier exemple en date : le report de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie remise aux calendes grecques alors que la loi de transition énergétique, aurait du engendrer l’enclenchement de la fermeture de 5 à 8 réacteurs nucléaires d’ici 2018 et de 19 à 24 fermetures supplémentaires d’ici 2023.

 

Encore une fois, après le bel accord diplomatique obtenu à Paris lors de la conférence climatique, le Président de la République continue de négliger la question environnementale et celle de la transition énergétique.
Pendant ce temps, sur les places, avec Nuit Debout, un nouveau monde est en train de naître. Aveuglé par le court terme, le monde actuel et son gouvernement n’en finissent pas de mourir et de désespérer des citoyens en quête d’horizons nouveaux. Le développement des ZAD, d’Alternatiba, des AMAP ou des monnaies locales sont autant de contre pouvoirs mettant en place la transition écologique sur les territoires.  Cette politique fondée sur le commun, le convivialisme et le cosmopolitisme n’a aujourd’hui pas de représentation politique réelle.

Ce n’est pas cet ersatz de concertation annuelle dans des formes dépassées qui va réconcilier les français et le peuple de l’écologie avec la politique. Nous en avons assez d’écouter de beaux discours mais de désespérer des actes qui ne suivent pas.

Nous ne voulons plus en tant qu’écologistes être les cautions de cette mascarade pseudo-démocratique. Les conférences environnementales ne servent à rien. Nous ne serons pas ceux qui applaudissent les dirigeants qui nous ont conduit au chaos écologique engendré par la crise climatique, la sixième extinction de la biodiversité, l’explosion des catastrophes industrielles et sanitaires (selon le dernier rapport de l’OMS, 23% des décès dans le monde sont dû à notre environnement), la raréfaction des ressources naturelles et de l’eau, le productivisme et l’extractivisme entrainent l’artificialisation des sols et l’accaparement des terres cultivables.

Un sursaut s’impose pour répondre à la crise écologique. Tout doit changer dans la politique gouvernementale actuelle : l’orientation, le fonctionnement, les pratiques démocratiques qui priorisent dans les décisions l’influence des lobbies au détriment de l’intérêt général, de la protection de notre environnement et de notre santé.

Plutôt que de participer à cette mascarade, travaillons sur une plateforme commune  pour redéfinir avec tous les acteurs de l’écologie du quotidien une proposition d’un modèle alternatif de société autour de campagnes d’actions sur les thèmes :

•   de la réappropriation et du contrôle citoyen des Biens communs contre la corruption, la collusion public-privé, les lobbies et pour la reconnaissance du statut de lanceur d’alerte.

• du choix de la santé environnementale contre les produits toxiques, les pesticides et la pollution de l’air, la lutte contre le complexe militaro nucléaire et sécuritaro-numérique

• de l’instauration d’un revenu garanti universel pour tous  (…)

Plutôt que d’accompagner dans des simulacres démocratiques un gouvernement à bout de souffle allant de reniements en reculades sur les questions sociale et environnementale, écrivons une nouvelle page de l’écologie politique : celle de la quête de la majorité culturelle et de la définition d’un nouvel imaginaire autour de la justice sociale et  environnementale dans un nouveau cadre démocratique plus horizontal et fondé sur l’expertise citoyenne.

 

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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