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7 raisons d’interdire le glyphosate

07 Mar 2016

Communiqués, Medias

QU’EST-CE QUE LE GLYPHOSATE ET POURQUOI S’EN PRÉOCCUPER?

Le glyphosate est une substance chimique utilisée dans les herbicides tels que le Round Up de Monsanto, devenu récemment le pesticide le plus utilisé dans l’histoire de l’agriculture. Malgré cela, il y a de grandes chances pour que vous n’ayez jamais entendu parler de lui et nous pensons que l’industrie chimique serait heureuse que vous n’en sachiez pas plus!

Pourquoi? Et bien en plus d’être massivement utilisé, le glyphosate est également pointé du doigt pour les risques sanitaires qu’il fait courir à la population. Sa licence d’utilisation au niveau européen expirant en juin 2016, la Commission européenne a toute latitude pour l’interdire.

Malheureusement, on dirait que la Commission a déjà fait son choix puisqu’elle vient de proposer une extension de sa licence jusqu’en 2031. Ce sera le sujet d’une réunion des experts des États membres, au sein du Comité PAFF (Plants, Animals, Food and Feed) qui devraient se prononcer sur la question les 18 et 19 mai prochains. Du coup, face à une Commission un peu pressée, il est important que les arguments pour montrer la dangerosité du glyphosate soient rapidement diffusés.
Même si c’est le comité d’experts qui aura le dernier mot, les écologistes estiment que le Parlement européen doit tout faire pour accentuer la pression et faire savoir son refus de la ré-autorisation du glyphosate.
Nous avons déjà lancé au Parlement européen une opposition au projet de la Commission européenne et nous avons obtenu une écrasante majorité (38 pour l’objection, 6 contre et 18 abstentions) en commission « environnement et santé publique » au sein du Parlement.
Au cours de la session plénière prochaine à Strasbourg entre le 11 et le 14 avril, c’est le Parlement européen dans son entièreté qui se prononcera pour ou contre la proposition de la Commission européenne. Un « non » clair donnerait un signal fort aux États membres qui ne pourraient plus faire comme si rien ne s’était passé lorsqu’ils décideront les 18 et 19 mai prochains.

Voici les 7 raisons d’interdire le glyphosate dans l’Union européenne!
N’hésitez pas à interpeller le Ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Son ministère enverra les experts français au sein de la Commission européenne pour décider de la ré-autorisation du glyphosate.
Sur twitter: @SLeFoll
Par courriel: sp.ministre@agriculture.gouv.fr

1. LE GLYPHOSATE MENACE NOTRE SANTÉ

Il y a un débat passionné pour savoir si le glyphosate est cancérogène ou pas. Tandis que l’Organisation Mondiale de la Santé l’a classé comme cancérogène probable (le 2ème niveau le plus haut), l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA, en anglais) prétend le contraire. En France, l’ANSES a déclaré que la catégorisation cancérogène probable se discute. (février 2016)

Des études montrent également que des herbicides contenant la substance sont suspectés d’être des perturbateurs hormonaux entrainant, entre autres, l’infertilité.

2. LE GLYPHOSATE MENACE LES ANIMAUX ET LES PLANTES

Ce n’est pas simplement la santé humaine qui peut souffrir du glyphosate. L’EFSA a également trouvé qu’il y avait des risques à long terme pour les animaux et en particulier les animaux de ferme comme les vaches et les moutons. L’agence allemande de l’environnement (Umwelt Bundesamt) en février 2016 a aussi démontré les menaces que font peser les pesticides en général sur la biodiversité. Le glyphosate ne vise pas seulement les mauvaises herbes mais également les herbes de prairie nécessaires au pâturage! L’agence allemande de l’environnement ajoute que le glyphosate représente un danger pour les oiseaux aussi dont les populations décroissent.

Étant donné les risques pour la santé des animaux et pour la biodiversité, l’Union européenne ne devrait pas renouveler la licence d’utilisation du glyphosate.

3- LES OGM ET LE GLYPHOSATE SONT LES REVERS D’UNE MEME MEDAILLE

Des 61 OGM déjà autorisés à l’importation au niveau européen, plus de la moitié (répertoriés par l’ONG Inf’OGM) d’entre eux sont résistants au glyphosate, fabriqués pour être utilisés avec un herbicide spécifique. Ce sont des outils utilisés pour le type d’agriculture que nous dénonçons – intensive, menaçant l’environnement et la santé, mauvaise pour l’économie locale. De nombreux cas de cancer et de malformations ont été rapportés chez les humains et les animaux en Amérique du Sud, où des surfaces énormes ont été plantées avec du soja OGM résistant au glyphosate pour exporter vers l’Europe. Il faut voir l’étude publiée par l’équipe du chercheur Michael Antoniou en juin 2011.

Dire non au glyphosate, c’est protéger la santé humaine en Europe et ailleurs. C’est aussi protéger l’environnement, soutenir les économies locales et stopper l’expansion des OGM.

4. L’EXTENSION DU DOMAINE DE LA SOUFFRANCE

Le glyphosate est en soi très dangereux. Mais les herbicides comme le Round Up contiennent des adjuvants qui peuvent être plus toxiques que le glyphosate lui-même, ce qui signifie plus de risques pour l’agriculteur et le public.

De plus, les « super herbes », devenues résistantes au glyphosate à force d’utiliser des variétés OGM résistantes au Round Up, se sont déjà largement disséminées aux USA. Pour stopper leur prolifération, des variétés de plantes encore plus résistantes ont été créées par modification génétique, avec davantage de risques pour l’environnement que le glyphosate.
ex: cas de résistances au glyphosate dans le vignoble français, observé par l’INRA en 2008.
Des espèces de « mauvaises herbes » comme l’ivraie ou l’amarante peuvent aussi parfois être résistantes au glyphosate

Interdire le glyphosate évite de se confronter aux nombreux risquent qui l’accompagnent.

5- DES LACUNES DANS L’ELABORATION DES PREUVES

L’EFSA a elle-même indiqué dans son rapport que les données fournies par 8 des 24 entreprises qui demandent le renouvellement de l’autorisation du glyphosate concernaient des substances autres que celles qu’ils vendent en réalité. L’EFSA a en outre mis en lumière 22 données manquantes fournies de la part des industriels.
Par exemple, il manque certaines données pour s’assurer que le glyphosate n’est pas un perturbateur endocrinien, c’est clairement dit dans le rapport de l’EFSA.

Étant donné les risques connus et probables du glyphosate pour la santé humaine et animale, il faut s’assurer d’avoir les preuves suffisantes d’une utilisation sans risque avant d’approuver son utilisation à grande échelle.

6- LE MANQUE DE TRANSPARENCE

Trois études clés citées dans le rapport de l’EFSA sont gardées secrètes par l’Agence et inaccessibles au grand public. Les conclusions de l’EFSA pour affirmer que le glyphosate n’est pas cancérogène sont en grande partie fondées sur ces trois études qui ont été produites par l’industrie elle-même. Il est inacceptable que ces études non-publiées puissent prévaloir sur des études facilement accessibles.
En outre, plus de 80% des experts nationaux qui ont participé à l’élaboration du rapport de l’EFSA ont refusé de dévoiler leurs déclarations d’intérêts. L’opacité la plus totale.
De plus, l’EFSA s’est basé sur le travail du BfR (insitut d’évaluation des risques en Allemagne) dont un tiers des membres de l’unité pesticides sont employés par l’industrie.

La Commission ne devrait pas autoriser une substance dont l’évaluation s’est déroulée dans des conditions non-transparentes.

7 -IL EXISTE DES ALTERNATIVES AU GLYPHOSATE

L’agriculture biologique le montre tous les jours. L’agriculture du futur doit être basée sur la biodiversité et une grande variété de cultures. Les pratiques de monoculture doivent être abandonnées dans la mesure où elles attirent les parasites et contraignent les agriculteurs à recourir aux pesticides.

Le glyphosate est le symbole-même de l’agriculture intensive de laquelle nous devons nous détourner. Il existe des alternatives bien plus sûres sans recourir à aucun pesticides pour se débarrasser des mauvaises herbes qui empêchent le bon développement des cultures comme l’a mis en avant l’Agence allemande de l’environnement en 2014. En réduisant les monocultures, en développant le bocage et les haies.

Pour cette raison et toutes celles mentionnées plus haut, une extension de la licence pour le glyphosate est inacceptable.

QUE PUIS-JE FAIRE POUR STOPPER L’ACTION DE LA COMMISSION?

Alors que la Commission souhaite prolonger la licence d’utilisation du glyphosate pour 15 ans de plus, nous avons encore une chance de bloquer son action.

Contacter Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture, pour lui demander de stopper cette décision de la Commission européenne.
Sur twitter: @SLeFoll

Par courriel: sp.ministre@agriculture.gouv.fr

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