Vaccin AstraZeneca : la décision de suspendre les injections est justifiée par des données scientifiques

Suite à l’observation de plusieurs cas de caillots sanguins et de thromboses en Europe ces dernières semaines, une vingtaine de pays européens ont suspendu ou restreint l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Les pays ayant appliqué le principe de précaution suite à ces signaux d’alarme sont : l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, le Danemark, l’Estonie, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, Slovénie, l’Espagne et la Suède, ainsi que la Norvège et l’Islande. L’Agence européenne des médicaments (EMA) devrait publier jeudi ses conclusions sur la situation du vaccin AstraZeneca.

Déclaration de Michèle Rivasi, membre de la commission Environnement-Santé publique (ENVI) :

« Nous devons soutenir la décision courageuse prise par une vingtaine des pays européens, notamment l’Allemagne et la France. Il faut saluer notamment la volonté des autorités allemandes, à travers la parole de M.  Klaus Cichutek, directeur de l’Institut Paul Ehrlich (l’organisme gouvernemental allemand qui a recommandé la suspension) de mettre les données sur la table.

L’Allemagne a dénombré à ce jour six cas de thromboses chez des femmes âgées entre 20 et 50 ans, deux d’entre elles sont mortes. Un cas d’hémorragie cérébrale chez un homme, avec thrombose, a aussi été notifié. Surtout, l’analyse des données nationales a révélé que le nombre de cas de coagulopathies, sur environ 1,5 million de vaccinations, était supérieur à la moyenne des cas dans la population non vaccinée. Les scientifiques allemands ont donc conclu qu’à ce stade, il ne peut être exclu que le vaccin en soit responsable.

La décision de suspendre l’injection de ce vaccin s’appuie sur des données réelles. Il est sain et légitime dans ces conditions d’arrêter la machine le temps d’en savoir plus sur ces cas thromboemboliques et d’anomalies des plaquettes, et sur l’éventuelle relation de cause à effet avec le vaccin d’AstraZeneca.

Nous attendons avec intérêt la publication des conclusions de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) analysant les cas recueillis par les régulateurs de santé des pays membres. Nous devons en particulier savoir si certaines populations pourraient être plus à risque que d’autres. La question n’est pas seulement le rapport bénéfice-risque de ce vaccin mais d’identifier les populations à risque et de les protéger au plus vite en les orientant vers un autre vaccin que celui d’AstraZeneca.

Je rappelle que nous sommes en phase de suivi renforcé de pharmacovigilance. Cette phase – appelée phase 4 – de suivi renforcé post-commercialisation de tous les vaccins anti-COVID sert justement à détecter et à prévenir les effets indésirables nouveaux, non-apparus lors des essais cliniques précédents. L’urgence s’impose de mettre plus de moyens pour renforcer notre pharmacovigilance commune. »

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Par Michèle Rivasi

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