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STOP ITER !

Alors que les critiques scientifiques s’accumulent et que le budget explose, Michèle Rivasi et Europe Ecologie/Les Verts lancent l’appel européen « STOP ITER ! ».

APPEL EUROPÉEN

STOP ITER !
Mettre fin au mirage scientifique et au gouffre financier

ITER est un projet de recherche fondamentale dans le domaine de la fusion thermonucléaire, dont le siège se situe à Cadarache en France.
En pleine crise sociale, budgétaire, climatique et énergétique, la recherche européenne doit se doter d’objectifs transparents, répondant aux attentes des citoyens et aux impératifs planétaires, bien loin des projets prométhéens et de ces « éléphants blancs » irresponsables incarnés par le projet ITER.

Le monde scientifique émet de fortes réserves quant à l’opportunité du projet ITER, aux risques qu’il comporte et au choix énergétique qu’il induit. Trois éminents Prix Nobel de Physique ont d’ailleurs exprimé publiquement le rejet de ce projet : Pierre Gilles de Gennes, Masatoshi Koshiba et plus récemment Georges Charpak.

Il faut rappeler quelques vérités concernant ITER :
– ITER n’est qu’un projet de recherche qui consommera de l’électricité pour n’en produire aucune.
– ITER produira des déchets. Par rapport à un réacteur à fission, ces déchets sont moins toxiques et ont une durée de vie plus courte, mais néanmoins la question du traitement des déchets demeure.
– ITER présente des risques sanitaires en raison du tritium. Le tritium s’incorpore facilement à l’eau et est très difficile à maîtriser puisqu’il peut pénétrer le béton, le caoutchouc et certains aciers. Enfin, le tritium reste une menace pour la santé durant environ 125 ans.
– ITER n’est pas une technologie sans risque quant à la prolifération nucléaire. La fusion nécessite des quantités de tritium sans précédent avec des besoins annuels de 10 à 50 kg alors qu’une ogive nucléaire sophistiquée n’en contient que quelques grammes.
– ITER enfin se fonde sur le mythe de la production d’énergie infinie, chimère productiviste et consumériste et que cette technologie est difficilement démocratisable aux pays du Sud.

La région provençale était présentée lors de l’implantation du projet à Cadarache en 2005 comme la grande gagnante en héritant de ce « fleuron » de la recherche internationale.
Aujourd’hui le désenchantement est patent et l’amertume considérable.
Pour les riverains, ITER a eu des conséquences funestes faisant passer les populations locales d’un sentiment d’interrogation à la colère : spéculation foncière et immobilière, suppression des terres agricoles, impacts paysagers et environnementaux…

L’accord ITER a été signé en novembre 2006 par les ministres de sept partenaires internationaux : Chine, Union européenne, Inde, Japon, Russie, Corée du Sud et Etats Unis). Le coût initial de construction était estimé à 5,9 milliards d’euros dans sa phase de construction estimée à 10 ans. Début 2010, l’estimation a triplé pour atteindre environ 16 milliards d’euros. Parmi les sept parties, l’UE a la part financière la plus importante : elle doit fournir 45% du budget de construction. La France a promis de contribuer à hauteur de 20% de la part européenne. Or, la contribution européenne estimée originellement à 2,7 milliards d’euros atteint désormais 7,2 milliards.

L’Europe doit trouver 1,4 milliard d’euros supplémentaires d’ici 2013 (et plus de 5 milliards d’ici 2020) pour financer le prototype expérimental. Aussi, la Commission européenne propose t-elle de ponctionner le budget agricole de 400 millions d’euros et le budget recherche de 460 millions. Il reste 560 millions à trouver dont on ignore l’origine.

Ainsi, en pleine crise agricole européenne, notamment dans le secteur laitier, le budget de la PAC se voit spolier par ITER alors que l’UE devrait soutenir le revenu des paysans et les aider à la conversion des exploitations vers une agriculture biologique et soutenable. Il est scandaleux que les paysans, de plus en plus précarisés, payent ITER.

Avec ce triplement du coût d’ITER désormais le budget européen de la fusion pourrait représenter près du double de celui en faveur des sources d’énergie non nucléaires.
Le coût d’ITER pour la France est supérieur à l’ensemble des moyens financiers dont dispose l’ensemble des laboratoires français de physique et de biologie.

Pour l’Europe, le défi énergétique est énorme : il faut tendre vers un nouveau modèle énergétique fondé sur les énergies renouvelables et la sobriété.
Le développement des énergies renouvelables en Allemagne, en Espagne, au Danemark ou au Portugal a permis de créer des centaines de milliers d’emplois non délocalisables et décentralisés sur les territoires. En respectant un des objectifs du Paquet Climat Energie de 2008, en diminuant de 20% sa consommation énergétique, l’UE économiserait chaque année plus de 100 milliards d’euros, créerait un million d’emplois et le gisement d’une filière économique de petites PME tandis que les ménages réduiraient de 1000 euros par an leur facture énergétique.

Le projet ITER, mirage scientifique et gouffre financier, doit être stoppé d’urgence avant d’atteindre le stade de l’irréversibilité. Nous ne pouvons continuer à gaspiller des milliards d’euros pour un programme de recherche fondamentale qui pourrait éventuellement produire de l’énergie dans un siècle.
Les citoyens européens et provençaux, aux prises à une crise sociale et écologique majeure méritent mieux de l’Union européenne comme grand projet d’avenir.
Il convient de réorienter les crédits recherche d’ITER vers les solutions les moins chères et les plus rapides compte tenu de l’urgence du péril climatique : les économies d’énergie et les énergies renouvelables en tenant compte des progrès technologiques d’autres options énergétiques d’avenir telles que le solaire concentré ou l’éolien off-shore dont le potentiel énergétique est considérable.

Premiers signataires : Cécile Duflot (secrétaire nationale des Verts), Pascal Durand (coordinateur d’Europe écologie, proche de Nicolas Hulot),  Michèle Rivasi (députée européenne Europe écologie), Laurence Vichnievsky (magistrate, conseillère régionale Paca)

http://www.dailymotion.com/video/xf3p19_europe-ecologie-lance-l-appel-europ_news

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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