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Procès Monsanto : La justice américaine donne à nouveau raison aux victimes !

28 Mar 2019

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PROCES MONSANTO : LA JUSTICE AMERICAINE DONNE A NOUVEAU RAISON AUX VICTIMES !

C’est une nouvelle victoire de la vérité pour les victimes du Roundup et du glyphosate. La firme Bayer-Monsanto vient d’être condamnée par une cour de justice américaine à verser 80 millions de dollars a un malade de cancer et utilisateur régulier du Roundup pour désherber son jardin. Michele Rivasi (députée européenne EELV, membre commission Pest, biologiste diplômée de Normale Sup et agrégée) commente ce jugement, rappelant que la justice existe pour les victimes !

Hier soir 27 mars 2019 aux États Unis, les jurés du second procès Monsanto, le premier au niveau fédéral, ont rendu leur verdict et condamné Bayer Monsanto à payer 80 millions $ de dédommagement à Edwin Hardeman, atteint d’un lymphome non-hodgkinien, une forme de cancer diagnostiqué en 2015.

A l’issue de ce procès organisé en deux phases, les 6 jurés ont rendu un avis unanime : oui, Monsanto savait, et oui, Monsanto s’est rendu coupable de négligence et de manque d’information des usagers des risques de lymphome non hodgkidien causé par le Roundup.

La justice existe pour les victimes

Ce nouveau jugement est une victoire pour les victimes, pour toutes les victimes de pesticides. Alors qu’en France la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a une nouvelle fois repoussé, à l’automne 2019, la proposition de loi de création d’un fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, aux États Unis, la question de la responsabilité et des dédommagements se règle devant les tribunaux et vient frapper là où ça fait mal : aux porte-monnaies des firmes malfaisantes.

Ce nouveau jugement a d’autant plus d’écho que son résultat préliminaire, il y a une semaine, a fait chuter le cours de l’action de Bayer, désormais propriétaire de Monsanto. Cours boursier de Bayer qui a atteint alors son plus bas niveau historique depuis longtemps… Pour colmater sa plongée financière, Bayer a d’ailleurs immédiatement annoncé son intention de faire appel du jugement de l’affaire Hardeman.

Le combat judiciaire est donc loin d’être terminé. Près de 11000 personnes ont porté plainte aux Etats-Unis, représentant plusieurs milliers de procès individuels ou collectifs en attente d’instruction. Les jurés ont été sélectionnés et les audiences d’un 3e procès, celui d’un couple tous deux atteints d’un cancer « Pilliod vs Monsanto » vont d’ailleurs débuter aujourd’hui, devant une cour de justice californienne ! Le jugement est attendu d’ici un mois !

Il est urgent de réarmer le politique face à des lobbies qui tuent

Faut il en Europe que les plaintes se multiplient pour obtenir réparation et forcer les décideurs à agir ? L’histoire récente, l’affaire du siècle et ma propre expérience personnelle dans le cadre du procès que j’ai gagné le 7 mars dernier contre l’Efsa devant la Cour de Justice de l’UE, après deux ans de procédures, pour l’obtention de toutes les études qui étaient classées secret commercial, montre que nous n’avons plus le choix. Il est déplorable de constater que face à l’impuissance des politiques, le seul recours soit la justice. La soumission des dirigeants politiques face aux lobbies industriels qui nous empoisonnent n’est plus tenable. Il faut des politiques courageux pour remettre l’intérêt général et la santé publique au coeur de l’agenda politique face à des lobbies sur-puissants.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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