A A

Le site du Tricastin : cumul de risques industriels, naturels et humains ?

Dans le cadre de l’étude sur « la Sûreté des installations nucléaires, la place de la filière et son avenir », Michèle RIVASI, députée européenne EELV, a accompagné l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques sur le site industriel de Tricastin, avec la CLIGEET.

« L’exemple de Fukushima nous montre bien que l’industrie nucléaire ne maitrise pas ces monstres technologiques : il y a une perte confiance importante du public quant au discours lénifiant de la sûreté du nucléaire. Il était donc indispensable pour moi de poser des questions concernant la sécurité et la sureté de nos centrales en me rendant au Tricastin.

Le site du Tricastin est un exemple typique d’une installation en zone de cumul de risques ;  il y a des installations chimiques et radioactives, un fort risque d’inondation en cas de rupture de barrage s’il y a un séisme, et je rappelle que le Tricastin est en zone sismique modérée, de 3 sur 5.

L’emplacement et la fiabilité des groupes électrogènes posent aussi problème, de même que les piscines de refroidissement des réacteurs, qui ne sont pas protégées par une enceinte de confinement.

J’ai aussi insisté sur les graves conditions de travail des salariés : 80% sont des sous-traitants, des « nomades du nucléaire ». Leurs conditions ne travail sont très précaires, ils ne bénéficient que de très peu de formation, et reçoivent les plus fortes doses de radioactivité en intervenant dans les travaux les plus risqués lors des arrêts de tranche et de la maintenance des réacteurs.

Pour moi, la première barrière contre le risque nucléaire dépend des salariés qui y travaillent. C’est la culture du résultat plutôt que celle de la sécurité qui est de mise, au détriment de ces salariés.

Ainsi, j’ai demandé l’interdiction de la sous traitance des sous-traitants, phénomène qui provoque aussi une dilution de la responsabilité en cas d’incident.

La CLIGEET demande aussi à l’Etat de participer au financement d’une étude complémentaire à celle ayant mis en évidence une augmentation des cancers du pancréas autour du site du Tricastin.

Nous n’avons pas le droit à un Fukushima en France, et même le renforcement de la sécurité n’apportera pas le risque zéro ;  pour moi, la seule solution est la sortie progressive du nucléaire. » conclut Michèle RIVASI.

 

 

Articles similaires :

Tags: , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives