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ITER: une inauguration superflue pour tenter de rassurer les partenaires financiers

Le siège du projet Iter (réacteur thermonucléaire expérimental international) a été inauguré à Cadarache aujourd’hui, en présence des représentants des pays partenaires financiers, mais aussi du Commissaire européen à l’énergie et de la Ministre française de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Alors que le coût de ce projet a triplé en quelques années, passant de 5 à 16 milliards d’euros, la faisabilité technique du projet n’a pas été l’objet d’un débat scientifique suffisant. Des prix Nobel de physique (pourtant pronucléaires) ont décrié ce projet dès le début en appelant à réorienter les efforts de recherche pour ne pas consacrer tout l’argent du contribuable à un seul et unique projet…qui risque de ne jamais produire un kWh d’électricité commerciale.

Pour Michèle RIVASI, députée européenne EELV de la région Grand Sud-est, l’UE comme la France doivent cesser de s’entêter dans le financement d’une véritable impasse énergétique: « Le projet Iter est un dérapage financier permanent que les Etats membres de l’UE ont de plus en plus de mal à accepter. Pour financer cette chimère scientiste, les institutions européennes se sont déchirées et pourtant rien n’est acquis: nous ne savons toujours pas sur quelle ligne budgétaire sera financé Iter après 2013. Rappelons que la contribution actuelle est de presque 7 milliards d’euros pour l’UE, dont 1.2 milliards pour la France…et ça n’est pas fini. La gabegie financière n’aura de cesse de s’aggraver, car de tels projets connaissent toujours des augmentations: la construction va traîner, des erreurs seront commises, le prix des matières premières rares utilisées va exploser… ».

« C’est la raison même de cette inauguration superflue: les partenaires financiers doutent toujours plus de l’encadrement des coûts, alors que rien n’a encore été construit sauf le siège administratif. Après avoir demandé et reçu une invitation, on m’a d’ailleurs refusé le droit de participer à cette inauguration, car on ne voulait surtout pas qu’il y ait de trouble-fêtes. Pourtant ce projet concerne ma circonscription! ».

« Alors, finalement, que célébrons-nous à part un gaspillage d’argent public en temps de crise? Que lançons-nous si ce n’est un projet à 16 milliards dont nous ne savons même pas s’il aboutira à une maîtrise de la fusion? Cessons cette mauvaise plaisanterie, arrêtons ce projet et consacrons nous à trouver des solutions pérennes basées sur la maîtrise de la demande d’énergie et non sur un mythe productiviste d’énergie illimitée. C’est un chantier simple et ambitieux, c’est celui de la transition énergétique ».

Pour information, EELV avait lancé un appel européen à l’arrêt du projet ITER: le texte est disponible ici http://www.michele-rivasi.eu/sur-le-terrain/europe-ecologie-lance-un-appel-europeen-baptise-stop-iter/

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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