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Inquiétudes sur les produits chimiques cachés dans des jouets d’enfants (AFP)

Publié le 16 Novembre 2011 par l’Agence France Presse

Phtalates, bisphénol A, formaldéhyde, xylène: des produits chimiques, pas inoffensifs, se cachent dans nombre de jouets, et les consoles de jeux ne seraient pas sans risques, selon des ONG et scientifiques qui ont testé mercredi, en public, de futurs cadeaux de Noël.

L’opération a été organisée à Paris, près du centre Beaubourg, à l’initiative de WECF (Women in Europe for a common future, Femmes d’Europe pour un avenir commun), un réseau d’une centaine d’organisations de 40 pays.

Julie Langlet, de Quad-Lab, laboratoire spécialisé dans l’étude de l’air intérieur, teste un puzzle pour enfants, en bois lamellé et collé. Mauvaise pioche: il dégage du formaldéhyde, un produit classé CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) et volatile à 19 ou 20 degrés. « Ca vient de la colle », explique-t-elle. Son conseil: « Mettez l’enfant dans une chambre à 18 degrés, ça lui évitera de le respirer ».

Cécile, mère de deux enfants, apporte une jolie poupée de sa fille, qui sent la vanille. La poupée dégage du xylène, un hydrocarbure aromatique dérivé du benzène, qui provoque des allergies. « Elle va finir à la poubelle », dit Cécile. Xylène encore dans une boule à longs poils de caoutchouc, parfumée.

Pas possible de tester l’assiette colorée en plastique, mais « elle contient certainement du bisphénol A ». Donc pas de chauffage au micro-ondes, pas même d’aliments chauds dedans: « On peut s’en servir pour jouer à la dînette », dit Julie Langlet.

Le chat en bois massif et peinture naturelle ne contient pas de formaldéhyde, et la poupée Barbie très peu. Des ours en peluche sont exempts de retardateurs de flammes bromés, interdits en France. Mais une bonne partie des jouets viennent d’ailleurs.

Catherine Gouhier, co-fondatrice du Centre de recherche indépendant sur les rayonnements électromagnétiques non ionisants (Criirem), teste des consoles de jeux pour enfants.

« Pour l’exposition faible mais de longue durée, un rapport parlementaire avait fixé une norme maximale à 0,6v/m », rappelle-t-elle. Mais cette norme n’a pas été retenue.

La console qu’elle a entre les mains est testée à près de 4v/m. « En jouant régulièrement, les enfants peuvent courir un risque », estime-t-elle, d’autant qu’ils tiennent leur console au niveau du bas-ventre.

Valérie, une mère, estime qu' »il ne faut pas céder à la panique, mais appliquer le principe de précaution ». « J’ai proscrit les consoles de jeux », dit-elle. Catherine Gouhier recommande une utilisation limitée.

WECF s’insurge contre le faible niveau des contrôles sur les jeux et jouets, et les réglementations insuffisantes. « Le logo CE, dit Anne Barre, présidente de WECF France, c’est une imposture, puisqu’il est apposé par le fabricant lui-même et non par un organisme de certification indépendant ».

Une directive européenne a été adoptée en 2008 sur la sécurité des jouets, mais les dispositions sur les substances chimiques ne seront obligatoires qu’en 2013.

Que faire? Certains recommandent de choisir des jouets en coton bio ou en bois brut. D’ailleurs, « a-t-on besoin de tant de jouets dans les chambres d’enfants? », demande le médecin généraliste Geneviève Barbier, qui dit voir « beaucoup d’allergies ».

Michèle Rivasi et Corinne Lepage, députées européennes, pointent du doigt certains jouets importés, très peu contrôlés.

« Achetez européen, il y a plus de sécurité », note Michèle Rivasi. Mais « il faudrait un étiquetage », dit Corinne Lepage. « On ne sait pas ce qu’il y a dans les jouets, donc on ne peut pas faire de prévention ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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