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Gaz de schiste : des techniques brutales bientôt à l’œuvre – Suite à la visite de terrain à Villeneuve de berg

Un article co-écrit avec les élus écologistes à la région Rhône Alpes

La prospection et l’exploration des sous-sols concernant le gaz de schiste doivent commencer dès le premier semestre 2011. Des permis ont été délivrés pour plusieurs zones en France incluant entre autres l’Ardèche ou la Drôme. Sans aucune concertation avec les élus locaux, un permis de prospection et d’exploration a été délivré par Jean Louis Borloo à GDF Suez et Total. Les conséquences pour les eaux, l’air et la nature pourraient être désastreuses sur de nombreux sites.

Des derricks tous les 200 mètres. Des lacs artificiels qui captent l’eau des vallées, et des cloaques qui servent à la décantation de boues à l’odeur entêtante d’œuf pourri. C’est ce à quoi ressemblent plusieurs zones des Etats-Unis. C’est aussi ce à quoi pourront ressembler des zones entières de la Drôme, de l’Ardèche et de l’Ain si les permis accordés par le gouvernement pour exploiter les gaz de schiste sont utilisés.

Cette vision risque de devenir réalité très rapidement. La prospection démarre dans les tout prochains mois près de Villeneuve-de-Berg, en Ardèche. Ceci implique déjà la mise en œuvre des techniques brutales utilisées pour extraire les gaz de schiste : forage à grande profondeur, injection de très grandes quantités d’eau et de produits chimiques afin de fracturer la roche. La fracturation entraîne naturellement des fissures dans la roche, causant un fort risque de contamination des nappes phréatiques.

Absence de concertation

« Je suis outrée par l’absence totale de débat public et du manque de concertation avec les acteurs et les élus locaux, souligne Michèle Rivasi, députée européenne. La délivrance de ces permis de prospection et d’exploration est un passage en force en contradiction avec les objectifs européens de réduction de gaz à effet de serre de 20 %, avec la directive européenne sur la protection des eaux souterraines de 2006. »

Cette technique d’extraction coûteuse commence à devenir intéressante pour les exploitants avec le renchérissement des matières premières. Or, le gaz de schiste est bien plus polluant que le pétrole ou au gaz naturel. Non content de polluer lors de son usage, et de contribuer aux dérèglements climatiques en émettant des gaz à effet de serre, il pollue dès son extraction l’air et l’eau, en sous-sol et en surface.

« Même s’il en parle moins aujourd’hui qu’il y a trois ans, le gouvernement tient toujours de beaux discours sur les énergies renouvelables, rappelle Benoît Leclair, vice-président de la Région délégué au climat et à l’énergie. Or, il retire son soutien au solaire, à l’éolien, et vient d’autoriser la prospection pour le gaz de schiste qui constitue le summum de l’énergie fossile polluante. La prospection à Villeneuve-de-Berg à elle seule mobilise un investissement de 40 millions d’euros qu’il serait plus utile de placer dans les énergies renouvelables. »

Des activités menacées

Sur le premier site présumé de prospection se trouve le Domaine Olivier-de-Serres, ancien domaine de l’illustre agronome du même nom (1539-1619). Ce site est aujourd’hui un lycée agricole détenu par la région Rhône-Alpes, qui dispense entre autres des formations pour adultes. Il inclut des espaces associatifs et culturels, et aussi une ferme pédagogique caprine. « Les élus Europe Ecologie – Les Verts proposent à la Région de s’opposer par tous les moyens à la réalisation de tels forages sur ou à proximité du lycée », indique Benoît Leclair.

Plus généralement, si l’exploitation prend de l’ampleur, les activités préexistantes comme le tourisme ou l’agriculture risquent d’être compromises. « Les AOC comme le picodon, la viticulture, le projet de classement de la grotte Chauvet au patrimoine de l’Humanité… Le gaz de schiste pourrait signer l’arrêt de mort de tous ces projets de territoire cohérents dans lesquels la région Rhône-Alpes s’implique fortement », craint Alain Chabrolle, vice-président de la région Rhône-Alpes délégué à la santé et à l’environnement.

–> A l’initiative de Michèle RIVASI, une réunion publique se tiendra jeudi 27 janvier à 19 heures, à l’espace Mistral, Montélimar. Elle sera constitutive d’un nouveau collectif « gaz de schiste, non merci », similaire à celui créé par José Bové suite à la réunion publique faite dans les Cévennes le 20 décembre dernier.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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