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Eva Joly et Michèle Rivasi obtiennent l’arrêt de l’exploitation d’une mine d’extraction d’uranium au Mali

Convaincu par les informations recueillies par Eva Joly et Michèle Rivasi, eurodéputées Europe Ecologie-Les Verts, le président du Mali, Amadou Toumani Touré, a pris la décision de faire arrêter les forages d’uranium dans la région de Faléa, à l’Ouest du pays.

Les eurodéputées mettent ainsi fin à une lutte de quatre ans entre les habitants de cette région et une société canadienne, propriété de Rockgate Capital Corp, qui y avait obtenu des permis d’exploration de gisements de cuivre, de bauxite et d’uranium de la part du gouvernement en 2007.

Many Camara, l’émissaire en Europe de l’Association des ressortissants et des amis de la commune de Faléa, était venu rencontrer les eurodéputées pour leur exposer les menaces pour les 17 000 habitants des 21 villages de cette région, où par ailleurs la biodiversité est exceptionnelle. Les mines d’uranium provoquent en effet la dispersion dans l’air de poussières fortement radioactives ainsi que des rejets d’eau contaminée. Les deux eurodéputées se sont ensuite rendues sur place, dans ce lieu enclavé et situé à 800 kilomètres de la capitale Bamako, afin de constater par elles-mêmes l’importance du problème et de rencontrer les maires des communes concernées et la population. 

De retour à Bamako elles ont pu dialoguer avec la société civile et des membres du gouvernement, dont les ministres de l’Environnement et des Mines, MM. Tiemoko Angare et Abou Bakar Traore. « Ceux-ci n’avaient que très peu d’informations sur les nombreux forages effectués et sur les dangers environnementaux et sanitaires de l’exploitation d’une mine d’uranium », constate Eva Joly, qui souligne « l’établissement d’un
dialogue serein avec les autorités ».

Les eurodéputées étaient accompagnées au Mali par des experts de la CRIIRAD, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la radioactivité Cette association avait déjà démontré les dégâts causés au Niger par l’exploration d’uranium, menée notamment par le français Areva. Les centrales nucléaires ne peuvent en effet pas fonctionner sans ce minerai dont les réserves sont épuisées en France. « La CRIIRAD avait rendu publique l’année dernière une étude sur l’impact environnemental désastreux de l’extraction d’uranium », rappelle Michèle Rivasi.

Arrivée quelques jours avant les Eurodéputés à Faléa, la CRIIRAD y avait effectué des relevés environnementaux grâce à un financement du groupe des Verts-ALE au Parlement européen. 

« Lors d’une ultime rencontre, le président nous a promis d’arrêter les forages, de ne pas délivrer de permis d’exploiter et de désormais favoriser l’agriculture plutôt que les industries polluantes », se réjouit Eva Joly, qui ajoute que les échanges ainsi commencés se poursuivront avec les autorités et la société malienne, notamment pour réfléchir à un éventuel soutien technique ou financier de la part de l’Union européenne.

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4 Responses to “Eva Joly et Michèle Rivasi obtiennent l’arrêt de l’exploitation d’une mine d’extraction d’uranium au Mali”

  1. J’aimerais vous renseigner qu’il y a plusieurs organisations – en Europe et en Afrique – qui travaillent sur le thème de l’extraction d’uranium et qui connaissent bien la situation en Afrique.
    Litterature recommandée;
    http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/abandonnes-dans-la-poussiere.pdf
    http://somo.nl/publications-nl/Publication_3629-nl

    Et les organisations WISE Amsterdam et SOMO publieront un rapport sur la situation sociale et environnementale autour des mines d’uranium cette année.

    Pour plus de renseignements sur le thème ou des organisations concernées, veuillez contacter wiseuranium@antenna.nl

  2. Note pour la rédaction.

    Romandie News Texte
    Mali: pas de décision sur la fermeture d’une mine d’uranium

    BAMAKO – La présidence malienne a affirmé mercredi qu’aucune décision n’a été prise concernant l’arrêt de l’exploitation d’une mine d’uranium au Mali, démentant des déclarations de deux députées européennes écologistes, les Françaises Eva Joly et Michèle Rivasi.

    « Mmes Eva Joly et Michèle Rivasi n’ont pas obtenu du président de la République » Amadou Toumani Touré « l’arrêt de l’exploitation d’une mine d’extraction d’uranium au Mali », a déclaré à l’AFP Benson Diakité, conseiller du président malien, ce qu’a également affirmé un haut responsable du ministère malien des Mines joint par l’AFP.

    La mine concernée est située dans la zone de Faléa, dans la région de Kayes (extrême ouest), avaient indiqué les deux députées dans un communiqué diffusé mercredi matin par leur entourage, à leur retour d’un déplacement de cinq jours au Mali.

    « Convaincu par les informations recueillies par Eva Joly et Michèle Rivasi (…), le président du Mali, Amadou Toumani Touré, a pris la décision de faire arrêter les forages d’uranium », écrivaient-elles dans un communiqué.

    « Non, il n’y a pas eu de prise de décision de faire arrêter tout de suite les forages. Pour le moment, on assiste à une phase exploratoire dans cette mine. C’est l’exploration qui est en cours, et elle continue », a affirmé Benson Diakité.

    « Je voudrais souligner quand même que le chef de l’Etat est tout à fait sensible aux conséquences de l’exploitation de l’uranuim, et tout sera mis en oeuvre pour préserver la santé des populations », a-t-il ajouté.

    Selon le gouvernorat de Kayes, joint par téléphone, les activités habituelles se poursuivaient mercredi à la mine.

    Une mesure relative à l’arrêt de la phase exploratoire, donc des recherches concernant, toute mine a des répercussions juridiques, a-t-on souligné au ministère des Mines.

    « On ne peut pas prendre une décision de ce genre à la légère. Nous sommes sur le dossier, conformément aux instructions du Président de la République. Mais aucune décision n’est prise » concernant un arrêt, a insisté un haut responsable de ce département.

    (©AFP / 30 mars 2011 19h12)

  3. P. Ertel dit :

    Très déçu de voir les Verts utiliser les mêmes grosses ficelles que leurs concurrents politiques.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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