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L’écologie d’abord: de l’air pour sortir du trou d’air!

ChèrEs amiEs, militantEs et éluEs,

Alors que la préparation du Congrès accapare l’essentiel de l’énergie de notre parti, EELV se retrouve dans une situation délicate à vivre pour nombre d’entre nous.

La participation gouvernementale est une aventure difficile qui nous fait craindre chaque jour le reniement des valeurs fondatrices et fondamentales de l’écologie politique. Il ne faut pas oublier ce que cette participation a permis de faire avancer : la rénovation de l’habitat et sa TVA à 5,5%, l’engagement de la fermeture de Fessenheim, l’arrêt de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste, une plus grande transparence pour une meilleure aide au développement, etc. Malgré ces avancées, certains tentent d’instrumentaliser le trou d’air que nous traversons, et profitent de l’occasion pour consolider des pratiques que nous avons toujours proscrites, pour asseoir leur pouvoir au sein de notre parti. Je le déplore, ce n’est pas ma conception de la politique.

Pour les militants, comme pour les élus, mais aussi pour Pascal Canfin et Cécile Duflot (et ce malgré leur excellent travail en tant que ministres), il devient de plus en plus difficile de justifier notre alliance avec le PS qui renie ses engagements et multiplie les provocations à notre encontre. L’effet est dévastateur: la gauche est déboussolée tandis que la droite se durcit et que le FN s’établit durablement dans le paysage politique. Notre pays est en proie à une crise des valeurs qui l’ont fondé, et pour le relever l’union des écologistes et de la gauche ne doit pas être un simple slogan, mais une réalité que nous devons faire vivre et prospérer. Je m’y engage, c’est ce qui m’anime à chacune de mes inspirations, à chacune de mes exaspérations.

Nous avons les solutions à la crise actuelle, ne l’oublions pas. Nos idées ont la peau dure face aux attaques médiatiques en tout genre, orchestrées par des lobbies rompus à la guérilla anti-écolo. Nous sommes particulièrement exposés car nous avons rarement eu l’opportunité de modifier en profondeur une société basée sur la perpétuation du pouvoir et des profits de quelques-uns. Nous dérangeons, nous sommes pris pour cible? Réjouissons-nous! Mais ne cédons pas à la division, ne cédons pas aux critiques stériles qui nous affaiblissent devant l’opinion, qui nous déchirent inutilement. Je ne suis pas une adepte de la politique interne, et je commence à le regretter, même si je reste convaincue que trop de parti tue le parti

Pour relever la tête, pour prendre la bouffée d’air nécessaire, pour cesser de se noyer dans un verre d’eau, il n’y a qu’une solution: l’union.

L’union face aux crises économiques, environnementales, énergétiques et sanitaires qui nous assaillent. L’union des écologistes avec la société civile mobilisée pour nos causes communes. L’union au sein du parti, avec une démocratie interne renforcée et simplifiée, avec un soutien actif aux candidats écologistes, comme je l’ai fait à chaque élection.

C’est un chantier prioritaire que les bâtisseurs de l’écologie doivent entamer: sans de bonnes bases, nous ne cesserons de vaciller. Sans un respect mutuel, nous ne gagnerons rien collectivement. Et les plus belles des victoires ne sont jamais individuelles, c’est pourquoi l’écologie doit dépasser les ambitions personnelles.

Mon objectif pour le Congrès était de « jouer collectif » et de dégager un pôle majoritaire à même de répondre aux exigences que je viens de détailler. Je n’ai jamais voulu diviser pour régner sur quoi que ce soit.

Alors oui, j’avoue une certaine faiblesse: je n’ai pas su anticiper et orienter le débat interne en créant une motion pour imposer ma candidature comme cela semble être la stratégie adéquate, trop accaparée par mon mandat, trop occupée à investir le terrain de l’écologie et de ma circonscription, trop concentrée sur les fondamentaux qui font de moi une eurodéputée militante de l’écologie.

J’ai eu la faiblesse de croire que l’essentiel est dans l’action, dans la dénonciation et dans la construction. Cette faiblesse, paradoxalement, c’est ma force, c’est notre force.

Et c’est pour cela que j’espère que vous aurez la force de lutter contre les vicissitudes internes et celle de ne pas oublier pour quoi nous agissons. Nous agissons pour que jamais notre cap écologiste ne soit dérouté, nous agissons pour constituer une majorité unie dans la diversité.

Je compte sur vous pour maintenir ce cap avec moi, je compte sur vous pour continuer le combat que je mène au niveau européen comme sur le terrain. Je compte sur vous pour pouvoir porter ensemble la voix de l’écologie pendant les élections européennes de 2014.

Et vous pouvez compter sur moi pour ne pas être déçu(e)s de la confiance que vous m’accorderez.

Retrouvons tous ensemble l’esprit de 2009, la richesse de cette biodiversité réunie, la force de notre projet pour bâtir une autre Europe. Une Europe solidaire, démocratique, fédérale et luttant farouchement contre les périls qui menacent le Vieux-Continent : le repli nationaliste et sa fièvre populiste, mais aussi l’hégémonie libérale et marchande.

Puisse ce souhait se réaliser. Fidèlement, et avec toute mon amitié écologiste,
Michèle Rivasi

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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