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Catastrophe des boues rouges en Hongrie – Les rejets industriels toxiques doivent être encadrés et les industriels responsabilisés

 

Il y a cinq ans, la Hongrie connaissait l’une de ses pires catastrophes industrielles : les effluents toxiques d’une usine d’aluminium avaient causé des ravages après la rupture d’une digue d’un bassin de décantation. Cinq ans après, le Parlement européen a débattu et acté les leçons retenues de cette catastrophe, par le biais d’une question orale et d’une résolution.

Pour José BOVE, membre du groupe Verts/ALE :

« Ce désastre a causé la mort de 10 personnes, des centaines de blessés et plus de 300 maisons avaient été détruites. Une telle catastrophe industrielle est directement imputable à la mauvaise application du droit communautaire, conjuguée à de nombreuses déficiences en matière d’inspection. Parmi les erreurs constatées, on retrouve le classement incorrect de ces rejets industriels dans la catégorie ’déchets non toxiques’, des autorisations défectueuses et des inspections inadéquates ».

Pour Benedek JAVOR, membre Verts/ALE hongrois de la commission de l’Environnement :

« La résolution s’attache à démontrer qu’aucune leçon sérieuse n’a été retenue de cette catastrophe. Encore une fois, comme trop souvent dans les accidents industriels, les réparations et indemnisations sont payées par l’argent public et non par les industriels responsables de la catastrophe. C’est la raison pour laquelle le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de proposer de nouvelles règles harmonisées  imposant aux industriels de mettre en place des sécurités financières suffisantes afin que le principe pollueur-payeur puisse être pleinement appliqué ».

Pour Michèle RIVASI, Vice-présidente du groupe Verts/ALE et membre de la commission de l’Environnement :
« En accord avec la législation et les programmes européens en matière environnementale, la Commission devrait aussi mettre en place des exigences d’inspection qui pourraient être coordonnées à l’échelle européenne pour éviter les conflits d’intérêts nationaux. Tous les États membres ont le devoir, même en période d’austérité, de financer correctement les autorités en charge des inspections industrielles et ce afin d’éviter un accident et de faire respecter la réglementation en vigueur. Il en va de même pour les organismes chargés de mesurer la toxicité des rejets industriels et les solutions visant à leur traitement. Les effluents industriels toxiques doivent être considérés comme tels, et il n’y a pas de raison valable pour que les États membres adoptent des double standards : les rejets liquides de l’usine d’alumine de Gardanne en France polluent irrémédiablement la Méditerranée, et il est irresponsable de vouloir valoriser les déchets solides pour réduire le volume de déchets dont l’industriel a la charge ».

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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