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MAKE FRANCE ATOMIC AGAIN ?

27 Nov 2018

A la Une, Politique

Emmanuel Macron a choisi le lobby nucléaire, au détriment de la transition énergétique !

Rendue obligatoire par la loi de transition énergétique de 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie doit préciser la trajectoire énergétique de la France au cours des cycles 2019-2023 et 2024-2028. Elle devait doper les renouvelables (32 % d’énergies renouvelables à 2030, dont 40 % d’électricité renouvelable) et acter le report à 2035 (au lieu de 2025 comme voté dans la LTE en 2015) du passage à 50% de nucléaire dans la production d’électricité.

Alors qu’énormément de retard a déjà été pris pour réduire la part du nucléaire et que la fin de vie des réacteurs se rapproche, le gouvernement procrastine dangereusement et perd un temps précieux pour engager des transformations inévitables du système énergétique. Le gouvernement a plié sous EDF qui veut attendre 2029 pour commencer à fermer des réacteurs, en plus des deux de Fessenheim, et qui milite pour la construction de centrales de nouvelle génération, dits EPR.

Réaction de Michèle Rivasi :

«  Emmanuel Macron défend le nucléaire, au détriment de la protection du climat, de la sûreté et du portefeuille des Français. Alors que certaines pièces des réacteurs, particulièrement sensibles au vieillissement, ne sont pas remplaçables, et que l’Autorité de sûreté nucléaire ne s’est pas encore prononcée sur la prolongation du fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans, le gouvernement propose de prolonger les centrales. Comment EDF, en situation de quasi-faillite, compte-t-elle financer ces travaux de prolongation ? Qui va payer ? Comment assurer une sûreté maximale ?

Quant aux centrales nucléaires neuves comme les EPR, elles produisent une électricité bien plus chère que les énergies renouvelables, tout en ayant les mêmes inconvénients que les générations précédentes : des technologies difficiles à maîtriser (voir l’échec l’EPR de Flamanville) et une production supplémentaire de déchets radioactifs. D’après la Direction générale de l’Énergie et du Climat, 17 à 20 réacteurs produisent déjà en excédent. La France doit s’engager sur un rythme de fermeture de 2 réacteurs par an minimum dès ce quinquennat pour éviter des investissements inutiles.

A quelques jours de la COP 24, Emmanuel Macron fait le choix de ralentir la transition énergétique européenne, pour la seule satisfaction de la filière nucléaire. Mettre en avant la fermeture de centrales à charbon ne suffit pas. Sans baisse de la part du nucléaire, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ne pourront jamais prendre leur place. Ce sont les énergies renouvelables qui sont créatrices d’emploi et de plus en plus compétitives. Le nucléaire, c’est fini !

Il est temps d’agir. Le mouvement des gilets jaunes montre que les Français en ont assez que les gouvernements successifs tergiversent sur la transition énergétique et déroulent le tapis rouge aux lobbies. Suivons les mouvements actuels : les citoyens demandent des vraies solutions d’accompagnement, les collectivités de tout bord s’engagent pour devenir des Territoires à Énergie Positive et l’Union européenne vient de reconnaitre le statut de « communautés d’énergies ». Pourquoi encore s’entêter dans un modèle énergétique centralisé et obsolète? »  

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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