APPEL POUR UNE CONVERGENCE DES CANDIDATURES HAMON / JADOT / MELENCHON

TRIBUNE PARUE DANS LE MONDE DU 31 JANVIER
Pour une candidature unique à la présidentielle, des candidatures unitaires avec l’émergence citoyenne aux législatives et un projet commun répondant aux urgences sociale, écologique et démocratique et faisant front commun face au péril d’une droite ultra-libérale et ultra-conservatrice et à l’extrême droite nationaliste et raciste.

Nos institutions et notre système politique à bout de souffle n’en finissent plus de nous réserver des situations imprévues. Et pendant ce temps chacun vaque à ses occupations…
Pourtant, la désignation de Benoît Hamon, lors de la primaire citoyenne, change la donne. Elle solde par les urnes le rejet de la politique sociale – libérale menée pendant 5 ans par un gouvernement qui est même allé avec la déchéance de nationalité et la loi travail jusqu’à trahir ce qui fonde les valeurs de la gauche et de notre République : l’égalité devant la loi de tous les citoyens et la protection sociale des salariés.
Force est de constater qu’entre les 3 candidats Benoît Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon existent d’énormes convergences. Ces convergences justifient qu’ensemble nous construisions une véritable digue contre les idées portées par la famille Le Pen et le clan Fillon.
Face au réel danger que représente le Front national à l’heure où l’Europe et le monde sont balayés par des vents mauvais, venus de l’Est et de l’Ouest, et devant la dureté du candidat de la droite, François Fillon, dont le programme s’attaque à la pérennité même de nos services publics avec la suppression annoncée de 500 000 fonctionnaires et la remise en cause de l’égalité de l’accès aux soins pour tous, le rassemblement d’une gauche écologique, sociale, démocratique et solidaire rompant avec le renoncement et la trahison du quinquennat qui s’achève s’impose comme un impératif catégorique.
Les programmes des trois candidats désignés convergent sur la nécessité de penser un monde post-croissance, la relocalisation de l’économie, la lutte contre le dumping social et fiscal, contre l’emprise de la finance sur nos vies. Ils prennent en compte la finitude de notre planète et l’épuisement des ressources naturelles. Ils mettent en leur cœur la lutte contre les inégalités : sociales, territoriales, Nord / Sud… Car comment tolérer un monde où les 8 personnes les plus riches du monde selon le dernier rapport d’Oxfam possèdent autant que la moitié de l’humanité.
Leurs projets réhabilitent la volonté politique à l’heure où de nombreux dirigeants ont abdiqué face à l’horreur économique. Ils rompent avec le réalisme politique, « ce bon sens des salauds » dont parlait Paul Valéry. Ils inventent une société du Bien-vivre face à la tyrannie du « toujours plus », des lobbys qui sapent l’intérêt général et des puissances de l’argent.
Ils se projettent dans le monde de demain en s’affranchissant des vieilles recettes productivistes, des incantations à la croissance que les autres candidats développent encore défendant les gaz de schiste ou les grands projets inutiles comme celui de l’aéroport de Notre Dame des Landes.
Benoit Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ont également compris la grave crise démocratique que nous traversons et cherchent à y répondre par des propositions audacieuses en défendant de nouvelles respirations démocratiques articulant démocratie représentative et participative avec la co-élaboration des politiques publiques, l’initiative et le contrôle citoyen.
Enfin, sur le plan du vivre ensemble, ils reviennent à la véritable conception de la laïcité selon la loi de 1905, liberté de chacun pour vivre tous ensemble et non une nouvelle guerre de religion pour stigmatiser et rejeter une partie de la population de notre pays.
Certes, des dissensus existent dans les projets portés par les trois candidats : sur la place du travail, sur la question du revenu garanti universel, sur l’avenir européen et la place de l’Etat-Nation ou sur la diplomatie internationale et la relation avec la Russie de Poutine…
Il faut les transcender pour en faire des « désaccords féconds » selon la formule de Patrick Viveret.
Comment imposer ce nécessaire rassemblement ? Par la pression citoyenne tout d’abord. Par une méthode ensuite qui consiste à réunir au sein d’un même collège des représentants ou soutiens des 3 campagnes. Il aura pour objectif de définir un seul projet à l’aune des différents programmes déjà établis, une équipe de campagne pluraliste représentant les diverses sensibilités, un « shadow » gouvernement devant conduire à la mise en place d’une Assemblée constituante pour réoxygéner notre démocratie et établir une nouvelle République et un processus de désignation du candidat qui aura son nom inscrit sur le bulletin de vote (par consensus, primaire citoyenne ou tirage au sort).
Comme le disait si bien le poète Guillaume Apollinaire, « il est grand temps de rallumer les étoiles », de réveiller l’espoir et de sortir nos concitoyens intoxiqués par le discours dominant de la peur et du repli identitaire, de la sinistrose.
Sortons de nos chapelles doctrinales, de nos boutiques. N’attendons pas d’être sur un champ de ruines pour penser une hypothétique refondation. Cessons de danser chacun de notre côté sur le pont du Titanic. Osons imposer cette perspective de fédérer les partisans d’une République des communs par une vague citoyenne dépassant les petits jeux d’égos et les schémas des appareils aujourd’hui dépassés.
Il n’y a pas de fatalité à devoir choisir entre l’horreur et le pire, entre la peste et le choléra.
La dynamique unitaire peut tourner les vents et nous permettre d’écrire une nouvelle page de notre histoire si tumultueuse. Comme nous y enjoignait Nicolas Hulot récemment, il nous faut « sécher les larmes du plus grand nombre, redonner le sourire au présent et de l’éclat à l’avenir ».

Ensemble ! Maintenant !
Premiers signataires :

Michèle Rivasi (députée européenne EELV), Noël Mamère (député, maire de Bègles), Marie Christine Vergiat (Front de gauche, députée européenne), Emmanuel Poilane (directeur de la Fondation France Libertés / Danielle Mitterrand), Marie-Monique Robin (réalisatrice, écrivaine, auteure de Qu’est ce qu’on attend ?), Sébastien Barles (militant EELV, animateur du collectif citoyen Marseille en commun), Jean-Pierre Lancry (militant Appel des 100 et EELV), Jérôme Gleizes (conseiller de Paris, EELV), Gilles Oberrieder (syndicaliste), Félix Blanc (enseignant-chercheur), Zoubida Meguenni (militante associative, participante à la Marche pour l’égalité en 83), Jean Canton (architecte-urbaniste, ex directeur de l’urbanisme de la Ville de Marseille, responsable associatif), Jacques Soncin (animateur de médias associatifs), Michel Bock (militant écologiste et associatif)

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Par Michèle Rivasi

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