A A

Vieillissement des centrales nucléaires : un enjeu crucial de sûreté qui ne doit pas être confisqué par EDF

26 Fév 2014

Communiqués, Medias

L’institut Wise-Paris vient de publier le 25 février un rapport commandité par Greenpeace sur les défis liés à l’échéance des 40 ans de durée de vie du parc nucléaire français. Dans ce long document, Wise-Paris revient sur les phénomènes de vieillissement, non-maîtrisés, la diminution des marges de sûreté, et analyse les coûts des travaux liés à une extension de la durée de vie des réacteurs.

Pour Michèle Rivasi, députée européenne EELV, cet édifiant rapport est un signal lancé au Gouvernement :

« La future loi française de transition énergétique semble échapper de plus en plus au Gouvernement. Pourquoi n’entend-on aujourd’hui que le son de cloche d’EDF, planifiant tranquillement son grand carénage (1) et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires à 60 ans, dans le dos des citoyens ?

Le rapport de Wise Paris a le mérite de mettre les choses au point, malgré l’opacité qui règne dans ce domaine. Les coûts des travaux nécessaires à la prolongation de la durée de vie des centrales peuvent atteindre jusqu’à 4 fois le montant des investissements annoncés par EDF (actuellement 55 milliards d’euros) ! Ce qui, autrement dit, signifie qu’EDF est aujourd’hui en train de rogner sur les dépenses et les investissements nécessaires, au détriment de la sûreté du parc. De son côté, l’ASN engage tant bien que mal un bras de fer avec l’opérateur au sujet de la sûreté : « rien n’est acquis », EDF semble « dépassé par les événements »… Les propos du régulateur sont on ne peut plus critiques. Personne n’est dupe : un coup de colle ultra-forte ne suffit pas à colmater les fissures du Tricastin.

S’il ne respecte pas ses engagements de réduction de la consommation d’énergie couplée à une réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité – et donc la fermeture programmée de centrales – le Gouvernement français hypothèquera l’avenir de la politique énergétique française. Ne rien décider aujourd’hui, c’est se retrouver au pied du mur pour les 10 années à venir, et approuver en catimini l’allongement de vie des centrales alors que les alternatives à ce choix gaullien existent. Et c’est surtout accroitre le risque aussi statistique qu’inacceptable d’un accident nucléaire majeur sur le territoire français.

Dans la lignée de cet élan demandant plus de transparence et de participation de la société civile, j’organise avec Nuclear Transparency Watch un séminaire européen sur le vieillissement des centrales nucléaires le 19 mars prochain au Parlement européen. Le débat sur le vieillissement ne doit pas être confisqué par les opérateurs avec la complicité des gouvernements, c’est pourquoi ce séminaire réunira des représentants de la société civile, d’opérateurs, de régulateurs et de membres des institutions européennes ».

(1) programme de maintenance lourde envisagé par EDF pour prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires.

Articles similaires :

Tags: , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives