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Téléphone mobile : Plus de cancers des glandes salivaires ?

17 Mai 2011

Communiqués, CRIIREM, Medias

De récentes études publiées dans des revues scientifiques constatent une augmentation du nombre de cancer des glandes salivaires en relation avec le développement de l’usage du téléphone mobile. Ces résultats sont suffisamment cohérents pour tirer la sonnette d’alarme estime Michèle Rivasi.

La première étude vient de Chine et date d’avril 2011. L’étude, publiée dans le Journal of Oral and Maxillofacial Surgery constate une hausse du risque de tumeur des glandes parotides – la plus grosse des trois glandes salivaires – de 7 à 13 fois plus élevé chez les utilisateurs de mobiles. Plus les personnes passent de temps en communication et plus le risque augmente. Les utilisateurs les plus intensifs présentent un risque 10 fois plus élevé de cancer de la parotide après 10 ans d’utilisation d’un téléphone mobile. Fin 2009, la Chine comptait 747 millions d’abonnés au mobile relèvent les chercheurs chinois.

L’étude israélienne publiée en janvier 2011 dans la revue Epidemiology, remarque que le risque de tumeur de la parotide a été multiplié par 4 entre 1970 et 2006. La courbe s’accentuant nettement depuis 2001, passant après cette date de 37 à 61 cas annuels en moyenne. Cette hausse ne peut être due à celle de la population, stable après 2001. Dans le même temps, entre 1997 et 2006, la consommation du mobile a elle été multipliée par 6.

« Les résultats de ces deux équipes sont très importants. Ils montrent de façon dramatique l’augmentation du risque d’une forme de cancer induit par une surconsommation de téléphone mobile», estime la députée européenne Europe Ecologie Les Verts Michèle Rivasi, également biologiste et fondatrice du Criirem, le Centre de Recherche et d’Information Indépendants sur les Rayonnements ElectroMagnétiques.

« Les données sont solides. Elles viennent aussi confirmer le signal déjà présent dans l’une des études Interphone», rappelle l’eurodéputée des régions PACA et Rhône Alpes. Le programme de recherche Interphone, coordonné à Lyon par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS et cofinancé par l’Union Européenne, a étudié la relation entre l’utilisation du téléphone portable et le risque de tumeur du cerveau.

Conduites dans 13 pays, Interphone a bénéficié d’un budget de 19,2 Millions d’Euros, pour partie financée par la Commission Européenne (3,75 Millions €) et par les industriels du secteur (5,5 Millions €). Des résultats partiels ont été publiés en 2010, sur le risque de gliomes. Un risque a été mis en évidence au-delà des 10 ans d’utilisation. Les conclusions Interphone touchant aux risques de cancers du nerf de l’oreille (neurinome de l’acoustique) ou les tumeurs de la glande parotide (mis en évidence dans l’étude Interphone israélienne) n’ont pas encore été publiées.

« Cette ‘omerta’ est d’autant plus inacceptable que la semaine prochaine, à Lyon, le CIRC se réunit du 24 au 31 mai pour évaluer le risque cancérigène du téléphone mobile. Comment ces données pourront-elles être prises en compte si elles ne sont pas rendues publiques ? D’autant qu’elles ont été financées en grande partie par les contribuables ! Le blocage actuel est d’autant plus injustifiable que le programme Interphone a été initié en 1999, que l’on attend ses résultats depuis 2004, et que toutes ses études ont été en majeure partie financées par les contribuables ! » dénonce l’eurodéputée Michèle Rivasi, signataire d’une lettre ouverte réclamant la parution immédiate de l’ensemble des résultats d’Interphone.

« Les données scientifiques s’accumulent et démontrent les dommages sur la santé de l’abus des téléphones mobiles. J’invite les parents à agir sans attendre. Il faut arrêter avec les demi-mesures ou de trainer les pieds. L’AFSSET s’est déjà exprimée en faveur de la réduction des expositions. Elisabeth Cardis, la coordinatrice de l’étude Interphone, aussi. Pourquoi attendre et continuer à développer le marché du mobile au détriment de la santé des générations futures ? »

Michèle Rivasi participera demain mercredi 18 mai à l’émission Hors Série, sur France 3, consacrée à la diffusion du documentaire Mauvaises ondes de Sophie Le Gall.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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