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SOS HOPITAL Comment sortir de l’état d’urgence ?

02 Fév 2017

Communiqués, Medias

La fédération hospitalière de France présente vendredi son plan pour en finir avec la déliquescence de l’hôpital public, hier fleuron de notre système de santé publique.

La santé est la première préoccupation quotidienne des Français devant la question du pouvoir d’achat et de l’emploi si en croit les derniers sondages. La remise en cause par le candidat François Fillon de  l’égalité d’accès aux soins pour tous et une purge de 500 000 fonctionnaires touchant forcément aussi l’hôpital a certainement participé à remettre ce thème au cœur de l’agenda politique, et c’est tant mieux.

Nos hôpitaux sont en crise, rongés par une logique comptable qui impose des économies drastiques (1 milliard d’euros en 2015). Frédéric Valletoux qui préside la Fédération hospitalière de France (FHF) affirme même que « l’hôpital est vraiment en situation de burn-out ». L’austérité se traduit par 22000 suppressions de postes, des milliers de fermetures de lits (6 600 ces trois dernières années), la mise en place de contrats de travail précaires… Les personnels sont surchargés, écrasés de tâches de facturation, sous-payés, exploités et épuisés ; les suicides pleuvent.

Les projets de loi de financement de la sécu et les lois hospitalières (Bachelot et Touraine) ont conduit partout en France à l’affaiblissement et à la fermeture d’hôpitaux et de maternités.

Le regroupement autoritaire de 850 établissements en 135 Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) met en péril les structures de proximité encore existantes. Ces restructurations sont en fait des destructions minant l’organisation des soins, la santé des patients et du personnel.

La situation est devenue explosive, tandis que se succèdent les promesses électorales de purger un peu plus la fonction publique hospitalière et de rebasculer le personnel à 39h payées 37. Aberrant !

Face à cet état d’urgence sanitaire, j’attends des candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives des engagements pour garantir l’égal accès de tous aux soins et la sauvegarde d’un Hôpital public digne de ce nom. Cela passe par :

  • le remboursement à 100% par la Sécu des soins et appareils dentaires, optiques et auditifs ;
  • la mise en place d’un programme d’incitation à l’installation de médecins et de développement des maisons de santé dans les territoires privés de médecins (déserts médicaux) ;
  • le maintien de la CMU et de l’AME pour les populations les plus fragilisées ;
  • l’abolition des dépassements d’honoraires ;
  • le renforcement de l’encadrement du médicament en revoyant les prix  et les taux de remboursement quand ils sont inutiles ou dangereux. Notre facture de dépenses de médicaments doit être alignée sur celle de l’Italie qui dépense deux fois moins que nous (19 milliards d’euros contre 38,3 milliards en France). Cela représente 20% de nos dépenses de santé ; ces économies pourraient aller alimenter un fonds d’urgence pour l’hôpital pubic ;
  • la taxation des bénéfices des labos pour sauver l’Hôpital public et la recherche médicale et mettre en place un pôle d’expertise publique indépendant ;
  • la levée des brevets abusifs et l’utilisation de la licence obligatoire pour mettre fin aux prix prohibitifs des nouveaux traitements innovants (Sofosbuvir, traitements anti-cancer…) ;
  • la mise en place d’une politique de prévention complète en jouant sur la prévention primaire (hygiène, habitat, alimentation…), secondaire (dépistage, traitements précoces…), tertiaire (éducation à la santé). Un effort particulier sera porté sur la lutte contre l’obésité et la « malbouffe » ;
  • la prise en compte de l’environnement comme facteur de risque : pollution de l’air, exposition au bruit, perturbateurs endocriniens, pesticides, environnement professionnel (expositions à des produits chimiques, troubles musculo-squeletiques…) ;
  • le développement du maillage de la médecine du travail pour faire face à l’explosion des pathologies relatives à la souffrance au travail ;
  • le développement du 5eme risque par une politique de maintien de l’autonomie prenant en compte la dépendance et les aidants.

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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