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Sommet européen sur l’innovation et l’énergie: le conseil de l’UE continue à se tromper de cibles

04 Fév 2011

Communiqués, Medias

Les conclusions du premier sommet européen de l’année viennent d’être rendues. Ce sommet, notamment consacré aux questions d’innovation et d’énergie, s’avérait épineux avant l’heure puisque la France -accompagnée de la République Tchèque- comptait faire une place particulière au nucléaire dans la lutte contre le changement climatique. En substituant la notion d’énergie faiblement carbonée à celle d’énergie renouvelable, la France aurait réussi le coup de force d’inclure le nucléaire dans l’objectif de 20% d’énergie « propre » à l’horizon 2020. Un coup dans l’eau. Cependant, l’UE continuera à investir dans le nucléaire et la séquestration carbone, au travers du financement des technologies dites à faible émissions carbone.

Une autre surprise attendue éloigne encore un peu plus l’UE de la réalisation de ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En effet, dans le but d’améliorer l’approvisionnement et l’indépendance énergétique de l’UE, le Conseil souhaite évaluer le potentiel d’extraction et d’utilisation « durable » des énergies fossiles conventionnelles et non conventionnelles (notamment gaz et huile de schiste).

Face à ces conclusions, Michèle RIVASI (députée européenne Europe Ecologie – Les Verts) ne cache pas son amertume:

« Encore une fois les dirigeants des Etats-membre de l’UE nient les seules stratégies qui permettront une véritable sécurité énergétique durable. Bien que l’efficacité énergétique ait été reconnue comme un pilier de la stratégie européenne, les économies d’énergie et les énergies renouvelables vont pâtir de l’enlisement dans la stratégie « toujours plus ». Alors que notre économie doit s’orienter vers une meilleure utilisation des ressources, en découplant développement économique et croissance énergétique, l’UE s’entête dans la course à la production d’énergie ».

Alors que la fronde contre les gaz de schiste ne cesse d’enfler en France, Michèle RIVASI trouve inquiétante les orientations que l’UE souhaite prendre: « En demandant l’évaluation du potentiel des énergies fossiles non conventionnelles, le Conseil de l’UE vient d’admettre le souhait de développer une stratégie insoutenable. Le gaz de schiste ne changera en rien la donne énergétique puisque leur potentiel est évalué à 3-5 % de la totalité des importations de gaz de l’UE à l’horizon 2020. Développer leur potentiel c’est s’orienter vers des investissements coûteux, inutiles et dangereux pour les pays européens. Les énergies fossiles ne sont en aucun cas innovantes et entrent en contradiction avec les objectifs climatiques de l’UE ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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